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SHEMS BENDALI

Jamie Cullum au Point Ephémère

Le lutin frénétique n'a pas pris une ride... Désarmant d'éclectisme, virevoltant entre micro, piano[...]

Le lutin frénétique n'a pas pris une ride... Désarmant d'éclectisme, virevoltant entre micro, piano et  mini orgue hammond, survolté et magnétisant comme seuls savent l'être ces elfes du swing qui passent tout naturellement de Cole Porter à Jimi Hendrix, Jamie Cullum nous a gratifiés ce mardi soir d'une prestation mémorable devant une poignée d'happy few réunis au Point Ephémère, une petite salle de l'Est parisien...

A quelques semaines de la sortie de son nouvel album, "The Pursuit", le jeune crooner-pianiste a montré en tout cas à quel point ses tentations pop sont parfaitement compatibles avec ses racines jazz.. On y reviendra certainement, mais même sur le single de l'album, le très pulsant "I'm All Over It Now", Jamie Cullum trouve encore au clavier des accents imprégnés de notes bleues... Et puis il est loin d'avoir relégué les standards aux oubliettes... Il donne notamment une version orageuse de "Just One Of  Those Things", avant que la salle ne chantonne les paroles de "What a Diff'rence a Day Made", immortalisée par Dinah Washington...

Arrêt sur images, quand même... Qui d'autre est capable, aujourd'hui, de faire chanter à un public dont la moyenne d'âge est à peu près de trente ans les paroles d'un standard comme "What a Diff'rence A Day Made" ? Même topo, vers la fin du concert, avec cette fois le "Caravan" de Duke Ellington, que Jamie Cullum chante à voix nue, sans micro, en emmenant sur le devant de la scène son batteur, son bassiste, son guitariste devenu trompettiste le temps d'un bon vieux standard, ainsi qu'un saxophoniste...

Les grands succès de Jamie Cullum n'ont pas non plus été oubliés: "Get Your Way", "These Are The Days", "Photograph"... Autant de moments magnifiques livrés dans l'ambiance intimiste du Point Ephémère, avec encore une fois chez Jamie l'agitateur une manière unique de se décupler sur scène, un timbre granuleux toujours aussi ébouriffant, et surtout une vraie joie de musicien, communicative à 200%, même si, ce soir là, on n'avait pas beaucoup de place pour danser...

"The Pursuit", Jamie Cullum (Decca). Date de sortie : 9 novembre 

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