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BENNY GREEN/CHRISTIAN McBRIDE

Ad Astra

Tuer le père ou sauver la Terre ? Avec "Ad Astra", qui le propulse pour la première fois dans le cinéma d'anticipation, James Gray réussit l'un de ses films les plus captivants sans pour autant retrouver la justesse de ton de ses premiers récits.

Plus de Tommy Lee Jones et moins de Brad Pitt, on signait des deux mains. Ad Astra, qui marque le retour d'un cinéaste éternellement attachant depuis The Yards et Two Lovers, regorge de morceaux de bravoure au fin fond de la galaxie. Bonnes nouvelles des étoiles, donc, surtout en souvenir de la sortie de route amazonienne de Lost City of Z. Sur le plan de l'émotion, en revanche, on demeure convaincu que le film noir et la romance contemporaine conviennent bien mieux à James Gray.

En attendant, sa thématique fétiche -celle de la filiation- prend corps à travers la mission d'un astronaute particulièrement zen (Brad Pitt) alors même que son équilibre familial vole en éclats. Sa femme l'a quitté, et voilà qu'on l'envoie sur Saturne pour prendre contact avec son géniteur (Tommy Lee Jones), porté disparu seize ans auparavant. Ce dernier aurait eu, depuis, la mauvaise idée d'émettre depuis son vaisseau de fatales surcharges électromagnétiques. 

Tuer le père pour sauver la Terre ? Vaste cas de conscience précédé par deux étapes puissamment mises en image, notamment en ce qui concerne la Lune transformée en banal lieu de vacances pour voyageurs calfeutrés dans un complexe spatio-hôtelier tandis qu'à l'extérieur des pirates de l'espace sèment la terreur. James Gray se montre tout aussi inspiré dans la mise en avant fragmentaire du génial Tommy Lee Jones, une sorte de ténébreux Colonel Kurtz affranchi de toute loi morale, le côté psychédélique en moins, contrairement à Brando dans Apocalypse Now.

Les états d'âme de Brad Pitt créent d'avantage de soucis. Outre le fait qu'on ne comprend pas très bien comment un personnage aussi solide intérieurement (il passe sans accroc, ou presque, tous les tests psychologiques de la NASA...) se retrouve souvent au bord des larmes, l'acteur en fait un peu trop sur le mode taiseux et déchiré de l'intérieur. Le recours fréquent à la voix off, façon Terrence Malick, ne contribue pas non plus à alléger l'ensemble. Stanley Kubrick, en tout cas, peut dormir tranquille. Son 2001, Odyssée de l'Espace d'il y a un demi-siècle reste inégalé.

Ad Astra, James Gray (Sortie en salles le 18 septembre)

 

 

 

 

 

 

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