Jazzlive

Du lundi au vendredi à 21h
Manon Brimaud
Mardi 24 février 2026 | 09:00 - 10:00

Michel Legrand, Phil Woods and the Jimmy's - 1975

Un enfant de Ménilmontant, qui a fini sur le toit du monde. 

Michel Legrand, commence, comme tout bon fils de compositeur, par un apprentissage classique. Mais à 15 ans, l’âge des premiers amours et des amours forts, il va voir le trompettiste américain Dizzy Gillespie, de passage à Paris. C’est sa première rencontre avec le jazz, et il en tombe instantanément fou amoureux fou. Heureusement pour lui, c’est réciproque. Cinq ans plus tard, quand Dizzy est de retour en France pour une tournée avec orchestre à cordes, c’est Michel qu’il appelle pour les arrangements. 

Au début des années 50 et porté par sa passion, Michel Legrand arrive à convaincre Jacques Canetti, alors producteur pour le label Philips, de le signer pour des relectures jazz de chansons françaises. Résultat ? Huit millions d’album vendus et une reconnaissance internationale. Michel Legrand a 22 ans, et le monde lui ouvre grand les bras. Pour vous donner une idée, c’est après ça que Zizi Jeanmaire et Maurice Chevalier le prennent pour la direction musicale de leurs spectacles respectifs.

Pas de quoi lui faire oublier le jazz non plus. En 1958, le petit français à lunettes s’envole pour New York, la fleur au piano. Et comme ça, l’air de rien, il enregistre l’album “Legrand Jazz” avec Miles Davis à la trompette, John Coltrane au saxophone et Bill Evans au piano. C’est l’un des premiers européens à réussir l’exploit. Et il ne s’arrêtera jamais. Toute sa vie sera ponctuée d’aller-retours aux Etats-Unis, entre deux bandes originales de films. Shelly Manne, Ray Brown, Stan Getz, Gerry Mulligan, … Il enregistre avec tous les plus grands puisqu’il en fait partie. Michel Legrand je vous rappelle. 

D’ailleurs, aux Etats-Unis, Michel Legrand, on le connaît surtout comme pianiste de jazz, puisqu’on le connaît d’abord pour ses morceaux, transformés en standards après traduction. La Valse des Lilas devient Once Upon a Time et se retrouvera sur les disques de Chet Baker. La bande originale du film Un été 42 devient The Summer Knows dans la trompette de Freddie Hubbard ou le saxophone de Art Pepper. Et la Chanson de ce pauvre Maxence sera brandie par Bill Evans comme un manifeste d’espoir, un ordre même : You Must Believe in Spring

Ce soir, on retrouve Michel Legrand lors d’un concert à New York, pendant l’hiver 75. A ce moment-là, le français s’était trouvé un nouveau partenaire américain, le saxophoniste Phil Woods. Au moment où on les retrouve, ils venaient de sortir ensemble l’album “Images” chez RCA Records. Mais, vous connaissez l’adage, un disque n’est rien d’autre qu’une bonne excuse pour faire des concerts. En ce qui nous concerne, ça se passe dans la rue la plus mythique du Jazz new-yorkais : la 52e. Ce soir, on est au Jimmy’s dans Jazzlive. Et dépêchez vous de trouver une place, Michel Legrand & Phil Woods viennent tout juste de monter sur scène… 

 

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