Anatomie d'un titre

Du lundi au vendredi à 21h
Manon Brimaud

Perdido - sans boussole à la Nouvelle Orléans

Aujourd’hui, on va se perdre à la Nouvelle Orléans. 

C’est souvent par là-bas, au détour d’une rue, qu’il se passe des trucs intéressant. La plupart du temps dans le quartier de Storyville avec une mention spéciale pour la Perdido Street. Égaré, perdu, introuvable, … C’est ça que ça veut dire perdido. Pourtant, j’ai comme l’impression que les gens qui s’y rendait savait très bien ce qu’ils cherchaient : des saloons, des salles de danse et des clubs en tous genres, où des gars comme le cornettiste Buddy Bolden, posaient les fondations d’une musique qu’on finirait par appeler “jazz”. 

C’est aussi à Perdido Street que le jeune Louis Armstrong allait traîner tous les soirs. Et c’est devant l’une des nombreuses échoppes de la rue qu’il se fait arrêté pour avoir tiré en l’air avec un pistolet. Un mal pour un bien puisque c’est lors de son incarcération qu’on lui donne un cornet et une formation musicale. 

Mais notre histoire commence quelques années plus tard, en 1940, lors d'une tournée de l’orchestre de Duke Ellington. 

Juan Tizol, fidèle bras droit du chef depuis une dizaine d'années, est assis dans le train à côté de l’acteur Herb Jeffries. Ensemble, ils se rappellent leurs aventures à Perdido Street. Et, presque sans réfléchir, Tizol se met à griffonner une mélodie toute simple, ultra festive, et teintée des rythmes cubains dans lesquels il a grandi...

Norman Granz' Jazz at the Philharmonic Vol. 8 (Mercury Records - 1948) 

The Dave Brubeck Quartet, Jazz at Oberlin (Fantasy Records - 1953)

Mary Lou Williams Plays in London (Vogue Records - 1953)