Anatomie d'un titre

Du lundi au vendredi à 21h
Manon Brimaud

Come Sunday - DE LA SUITE DANS LES IDEES

Duke Ellington est peut-être une légende, mais ça ne l’a pas empêché d’être comme tout le monde et de commencer quelque part. 

Il y a eu sa naissance, évidemment, à la toute fin du XIXe siècle à Washington, sa première leçon de piano à 7 ans, sa première composition en 1914, son premier orchestre en 1923, et - passage obligé pour toutes les vedettes en devenir - son premier concert sur la scène la plus prestigieuse de New York : le Carnegie Hall. 

Pour Duke Ellington, c’était le 23 janvier 1943. Et pour la musique, une œuvre monumentale de jazz symphonique et politique, qui retrace, en trois mouvements, toute l’histoire des Africains-Américains. Oui, ambitieux. Et quasiment incompréhensible pour le public présent ce soir-là. Voir, carrément raté pour certains. Et heureusement quand même, un chef-d’œuvre pour d’autres. 

“Black” pour le premier mouvement : le commencement de l’histoire africaine américaine, et un thème inspiré des chants d’esclaves.

“Brown”, pour le second : celui qui met en lumière la participations des noirs à l’histoire militaire états-unienne et au début de leur émancipation. 

Et enfin, “Beige”, troisième et dernier mouvement, véritable célébration de l’affirmation culturelle de la communauté africaine-américaine dès les années 20 et notamment la Harlem Renaissance. 

Un électrochoc musical et un coup de point politique. Et c’est dans le premier mouvement qu’on a entendu pour la première fois notre standard du jour : Come Sunday… 

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