Honeysuckle Rose - Ceci n'est pas une fleur
Sacrée année que l’année 1998. Première étoile à la coupe du monde, lancement du tout premier module de la Station Spatiale Internationale et… première cartographie du clitoris, par le Dr Helen O’Connell. Avant ça, une fois n’est pas coutume, les hommes ont joué avec pendant des siècles sans savoir ce que c’était.
C’est simple, on en parlait le moins possible. Et quand on le faisait, c’était en usant et abusant de toutes sortes de métaphores délicates, très souvent liées à la nature, et en grande majorité aux fleurs. Dans le Roman de la Rose par exemple, œuvre majeure de la poésie médiévale, la scène de la cueillette est assez explicite.
Parce-que les fleurs, ça se mange. Et là encore, ça ne date pas d’hier. Sur les murs de Pompéi par exemple, les archéologues ont retrouvé des fresques en l’honneur du sexe oral, attestant de la pratique au moins 79 ans avant Jésus Christ. Avec quelques restrictions quand même : seules les esclaves sexuelles ou les lesbiennes avaient le droit de s’adonner à la pratique, jugées dégradante, sale ou juste complètement taboue pour tout homme qui se respecte.
Bref, on a compris, jusqu’à très récemment, le cunnilingus avait plutôt mauvaise presse.
Mais parmi les artistes engagés dans la défense du plaisir féminin, on trouve un musicien de jazz, connu pour ses excès, son côté clown, son amour de la vie et un certain talent pour la composition : l'incroyable monsieur Fats Waller.
A la fin des années 20, le pianiste avait ses quartiers au Connie’s Inn, l’un des speakeasy les plus fréquentés de Harlem. Secret, interdit et convoité. Le Connie’s Inn était de toute évidence le lieu idéal pour accueillir la toute première représentation d’une ode au cunni en version swing...
Mildred Bailey and Her Alley Cats, Honeyscukle Rose (1935 - Decca Records)
Lena Horn feat. Benny Carter, Honeysuckle Rose (1943)
Sarah Vaughan, Live at Mister’s Kelly (EmArcy - 1958)
Anita O'Day, Anita (Verve - 1956)