Anatomie d'un titre

Du lundi au vendredi à 21h
Manon Brimaud

Darn That Dream - Shakespeare à Broadway

Au XVIIe, un certain William Shakespeare faisait se rencontrer la mythologie grecque et le folklore britannique dans une comédie en cinq actes intitulée Songe d’une nuit d’été.

Et le 29 novembre 1939, le public américain découvrait à Broadway, Swingin’ the Dream, une réécriture jazz de la pièce, imaginée par Erik Charell. Toujours une histoire d’amour compliquée, toujours des fées et de la magie, mais cette fois-ci un nouveau décor. Un haut lieu de la mythologie jazz : la Nouvelle Orléans des années 1890. 

Louis Armstrong  dans le rôle d’un tisserand à tête d’anne, Maxine Sullivan dans celui reine des fées, Bud Freeman, Benny Goodman et l’audace d’un casting en grande majorité noir dans un pays régit par des lois ségrégationnistes.  

Le résultat ? Un flop à 2 millions de dollars. 

Aujourd’hui encore, les experts s’arrachent les cheveux pour déterminer la cause d’un tel tollé. Même si l’hypothèse la plus probable reste quand même le racisme. 

Peut-être aussi que la pièce était naze mais ça, nous n’avons aucun moyen de le prouver.  Tous les livrets ont été perdus. Ne nous reste de Swingin’ the Dream que quelques articles et une bande son. Les plus grands standards d’alors mais aussi quelques compositions originales, dont celle qui m’intéresse aujourd’hui : Darn That Dream. “Ose ce rêve”.