Antidote et Contrebande.s
Ce soir dans Jazzlive, on suit le métro aérien.
D’un coté, une nouvelle collaboration dont nous sommes très heureux et surtout très fiers : les soirées Contrebande.s qui, chaque début de mois, sonnent l’alarme d’un jazz parallèle, accessible et totalement gratuit. Lancées en décembre dernier par trois musiciens et producteurs de disques à la croisée des mondes, Adrien Soleiman, Marc-Antoine Perrio et Pierre Antoine Piezanowski, les Contrebande.s sont devenues en quelques mois l’un des rendez-vous incontournables des nuits parisiennes. Le concept est simple : imaginer chaque fois un nouveau line up, et laisser faire la rencontre, le tout dans un Relais de Belleville plein à craquer. Bref, un jazz du futur et du coin de la rue à découvrir en fin d’émission.
Avant ça, prenez la ligne 2 (la ligne bleue comme le jazz) et descendez à La Chapelle. Traversez le Boulevard et levez les yeux. Vous voilà arrivés devant le merveilleux théâtre des Bouffes du Nord, ancien café-concert populaire de la fin XIXe siècle, devenu aujourd’hui un haut lieu du spectacle vivant à échelle mondiale. Et parmi les plus beaux théâtres que j’ai vu de ma vie, avec des murs bruts, sans peinture pour cacher leur histoire, des moulures au balcon et une grande fresque au plafond.
Le décor idéal pour accueillir un trio qui fait beaucoup parler de lui, et à raison. Parce-qu’il rassemble trois musiciens passionnants que sont le percussionniste et maître du zarb Bijan Chemirani, le violoncelliste Redi Hasa et le pianiste Rami Khalifé. Mais aussi parce que c’est un groupe d’utilité publique et spirituelle, aux effets proches de la potion magique et au nom qui résume tout : L’Antidote. Un trio qui vit la musique non pas comme un pansement mais comme un remède, et un premier album éponyme qui érige la beauté en manifeste et le partage en devoir.
Une recette qui marche, à tel point que la prestigieuse maison Armani a fait appel à eux pour la bande son d’une exposition monumentale qui retrace deux décennies de créations haute couture. Le résultat, c’est une musique sensible et sensorielle à retrouver sur un album qui vient tout juste de sortir, le deuxième de l’Antidote : Sound Sketches.