Monty Alexander at Bubba's - 1982
Depuis le début de la semaine, Jazzlive fait écho à la trilogie de Pour Qui Sonne le Jazz consacrée au pianiste Oscar Peterson. Tous les matins, David Koperhant nous raconte les grandes étapes de la carrière du pianiste, et tous les soirs dans Jazzlive, on complète le tableau en nous invitant à quelques concerts historiques de ses grandes influences.
Enfin, ça, c’est ce qu’on a fait lundi et mardi. Ce soir, je me suis dit que ce serait pas mal de parler un peu du fait qu’Oscar Peterson lui-même, a fini par devenir l’une des grandes influences pianistiques pour les générations qui ont suivies. Et notamment, pour l’un de mes pianistes préférés sur cette terre : Monty Alexander.
Né à Kingston, capitale de la Jamaïque et du Reggae, il grandit à Miami, capitale de la plage et du jazz caribéen (du disco et de la dance aussi mais c’est arrivé plus tard). Tout ça pour dire que la Floride, il connaît bien, qu’il a quelques contacts dans son répertoire et notamment celui de Mark Emerman. Ce nom ne vous dit peut-être rien, Mark Emerman, c’est un ingénieur du son un peu farfelu et surtout fabuleux, qui s’était confectionné un camion-studio pour aller capter, sur son temps-libre, tout un tas de concerts de jazz. Je n’ai pas le temps ici de vous raconter tout l’histoire de Mark Emerman, mais notez quand même qu’il a fini par avoir tellement de matière qu’il a créé son propre label et un vrai studio (avec des murs et tout et tout), Criteria, avec dans le catalogue, de très grands noms comme Aretha Franklin ou James Brown.
Et, vous m’avez tous vue venir : Monty Alexander. Dans le livret de notre album du soir, le pianiste raconte carrément comment ça s’est passé. "Mack Emerman m’appelle avec cette idée, 'Hé, je peux venir t'enregistrer ? Je vais amener le camion". Il l’a garé à côté du club et il a installé les micros sur la basse, la batterie et tout le reste, et, bon sang, cette bande qu'il m'a laissée, était un sacré cadeau". Et c’est vrai que, si vous voulez mon avis, il était un peu magicien Mark Emerman. Avec un camion, quelques micros et beaucoup d’imagination, il a réussi à mettre en boîte un son de qualité studio, les applaudissements en plus.
Et pourtant, ce concert, le monde a dû attendre plusieurs décennies pour pouvoir l’entendre. Sauf celles et ceux qui ont eu la chance d’y être pour de vrai, le 6 août 1982, au Bubba’s Jazz Restaurant de Fort Lauderdale. Ce soir-là, Monty Alexander montait sur scène avec son quartet d’alors : Paul Berner à contrebasse, Duffy Jackson à batterie et Robert Thomas Jr. aux percussions…
Et nous, ce soir, on fait comme si on y était dans Jazzlive…
Monty Alexander, Love You Madly (2xHD - 2024)
Monty Alexander - piano
Paul Berner - contrebasse
Duffy Jackson - batterie
Robert Thomas Jr. - percussions