Jazzlive

Du lundi au vendredi à 21h
Manon Brimaud
Vendredi 17 avril 2026 | 09:00 - 10:00

Oscar Peterson sort un album

Et ce soir, l’album inédit d’un trio d’élite.
Il y en a quelques-uns comme ça qui, au fil du temps et des écoutes, sont devenus de véritables institutions. Bien souvent, ce sont des pianistes qui les dirigent : Bill Evans, Ahmad Jamal ou, plus récemment, Brad Mehldau… Proposant chacun leur version d’un tableau en trois couleurs.

Au début des années 50, la palette d’Oscar Peterson est un peu différente. À la place de la batterie, il choisit les six cordes de son ami Herb Ellis pour compléter la rythmique assurée par un certain Ray Brown à la contrebasse. Ensemble, ils traversent toute la décennie et, au début des années 60, le trio est au sommet. C’est donc le moment parfait pour en changer. Oscar Peterson laisse Herb Ellis s’envoler et en profite pour se lancer, une bonne fois pour toutes, dans le traditionnel trio piano–contrebasse–batterie. Il garde son fidèle et solide Ray Brown à la contrebasse et complète avec Ed Thigpen, jeune batteur arrivé à New York une dizaine d’années plus tôt.

Entre les trois, c’est l’évidence. En décembre 1959, ils sortent un premier album autour du répertoire de Cole Porter pour le label Verve Records. Succès immédiat, départ immédiat. En tournée, bien sûr.

En août 1960, l’Oscar Peterson Trio arrive à Détroit, dans le Michigan. Ils sont à l’affiche d’un club qui leur va bien puisque, au Baker’s Keyboard Lounge, le bar est déguisé en piano, avec les touches et tout et tout. Oui, vous avez raison, c’est presque de mauvais goût, mais on peut se le permettre quand on est le club de jazz le plus vieux du monde (en tout cas, si l’on en croit la légende).

Nos musiciens y installent leurs bagages pour deux semaines. Et depuis, ce grand moment n’existait plus que dans les souvenirs des chanceuses et des chanceux qui avaient réussi à avoir leurs places. Jusqu’à très récemment. Il y a quelques mois, Mark Stryker (historien de jazz de son état) a retrouvé, dans les archives du label Verve Records, un carton miraculeux. Dedans — vous m’avez vu venir — les bandes sur lesquelles étaient enregistrées les deux semaines de concert au Baker’s Keyboard.

Plus de 60 ans après, et grâce à l’intervention d’Universal, l’album est enfin disponible, depuis ce matin, en CD, en vinyle et même en direct dans Jazzlive


The Oscar Peterson Trio at Baker's Keyboard Lounge (Verve / Universal - 2026)

Oscar Peterson - piano 
Ray Brown - contrebasse
Ed Thigpen - batterie 

 

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