Mahalia Jackson at Newport 58'
Elle a son étoile sur le Hollywood Hall of Fame.
Elle a chanté à l’investiture du président Kennedy en 1961, et à la marche sur Washington pour les droits civiques deux ans plus tard. A ce propos, elle est aussi celle qui a inspiré Martin Luther King pour son “I Have A Dream”.
Elle est la première à avoir fait entrer le gospel au Carnegie Hall de New York, avant de le promener sur les scènes du monde entier.
Elle a été l’une des plus grandes performeuses de son temps, l’une des meilleures vendeuses de disques, et la première businesswoman, ne laissant jamais personne d’autre prendre sa paye à la fin d’un concert.
Et - comble de l’honneur - son nom est mentionné par Michel Jonasz dans son morceau la Boîte de Jazz en 1985, aux côtés de Dizzy Gillespie, Oscar Peterson et Lionel Hampton.
Messieurs-dames, ce soir dans Jazzlive, nous avons rendez-vous avec Mahalia Jackson.
Une enfant de la Nouvelle-Orléans qui a fini par s'imposer comme la Reine incontestée du Gospel.
Au point de se retrouver à l’affiche de l’édition la plus emblématique du plus emblématique des festivals de jazz : Newport ‘58. A côté de son nom, sur le programme, on pouvait lire des noms comme , Louis Armstrong, Duke Ellington, Ray Charles ou Anita O’Day.
Alors évidemment, ce concert, c’est un peu la consécration pour Mahalia Jackson. La performance qui la place définitivement sur la scène internationale. En montant sur scène dans sa robe en dentelle bleu, avec sa tête de celle qui n’en revient pas, Mahalia détonne, mais elle met le feu. Sur les images du film “Jazz on A Summer’s Day”, on voit le public absolument habité. On les voit taper des mains, et briller des yeux. Une petite fille aux yeux bleus, une bande de garçons à lunettes et un couple qui danse.
Et Mahalia n’est pas la seule à détonner. Derrière elle, assise au piano comme si c’était normal : une femme. Elle s’appelle Mildred Falls, et elle est la pianiste attitrée de Mahalia. Aujourd’hui, on ne sait presque rien de Mildred Falls. Et les rares informations relèvent de la légende. Certains racontent que les deux femmes ne pouvaient pas se supporter et que Mildred accompagnait Mahalia à contre cœur et pour une bouchée de pain, comme si elle lui devait quelque chose. D’autres, au contraire, préfèrent fantasmer une histoire d’amour entre les deux.
Parce-que ce serait quand même dommage de se concentrer, comme on pouvait le faire pour les hommes, sur leurs talents de musiciennes.
C’est pourtant ce qu’on s’apprête à faire ce soir sur TSFJAZZ. Et vous allez voir que ça vaut le coup…
Mahalia Jackson, Live at Newport 1958 (Columbia Records - 1994 - rec. juillet 1958)
Mahalia Jackson - voix
Mildred Falls - piano
Lilton Mitchell - orgue
Tom Bryant - contrebasse