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Troy Davis ne doit pas mourir...

Le compte-à-rebours est à nouveau enclenché pour Troy Davis. Dans la nuit du 21 au 22 septembre proc[...]
Le compte-à-rebours est à nouveau enclenché pour Troy Davis. Dans la nuit du 21 au 22 septembre prochain, à 1 heure du matin, ce Noir américain de 42 ans condamné en 1991 pour le meurtre du policier blanc Mark Allen MacPhail doit être mis à mort par injection mortelle dans la prison de Jackson, en Georgie. Une fois de plus, et en espérant que l'ultime recours auprès du comité des grâces de Georgie parviendra à empêcher l'irrémédiable, il nous faut donc encore écrire et hurler, comme il y a trois ans sur ce même blog : justice pour Troy Davis ! C'est l'Amérique d'Obama que le monde entier va regarder dans les jours qui viennent... Cette Amérique qui sait si bien honorer ses morts du 11 septembre NE PEUT PAS laisser mourir un innocent. Neuf témoins ont dénoncé Troy Davis au début de l'enquête. Sept d'entre eux, depuis, se sont rétractés ou ont contredit leur témoignage initial, et certains d'entre eux ont raconté comment la police avait fait pression sur eux. Il reste encore deux témoins à charge contre l'accusé. Le premier a affirmé que le meurtrier était gaucher. Troy Davis est droitier. Quant au 2ème témoin, il a été dénoncé, sur la base d'autres témoignages, comme l'auteur du meurtre qui a valu à Troy Davis d'être condamné à mort. Malgré tous ces éléments, la Cour Suprême des Etats-Unis, qui avait consenti à réexaminer le cas de l'accusé, est restée insensible aux arguments de la défense. Aucune arme du crime, aucune emprunte ADN, n'ont pourtant été retrouvées dans le parking du fast-food de Savannah où Mark Allen MacPhail a été abattu. C'est sur la seule base de l'identification visuelle que Troy Davis a été dans un premier temps jugé, alors que selon une récente étude  75% des condamnations contredites par une expertise ADN aux Etats-Unis ont d'abord eu pour origine une erreur d'identification visuelle. Dans cette affaire, le système judiciaire américain est encore plus cruel qu'envers Mumia Abou Jamal, autre symbole de la lutte contre la peine de mort... Car Troy Davis a déjà failli être exécuté à plusieurs reprises... A deux reprises au moins, c'est seulement quelques heures avant l'injection mortelle qu'il a pu bénéficier d'un nouveau sursis. Sa mère n'a pas survécu à toutes ces épreuves et ces espoirs déçus. Elle est morte d'un arrêt cardiaque il y a quelques mois. Voilà pourquoi il faut désormais pétitionner, twitter, manifester avec Amnesty International (notamment à Paris, place Stravinski, près du Centre Pompidou, ce vendredi 16 septembre à 19 heures), et surtout faire connaître, partout autour de soi, l'histoire de Troy Davis.
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