Willie Colon ou la musique comme arme politique
Samedi soir, la superstar portoricaine Bad Bunny a interrompu son concert à Sao Paulo (Brésil) pour lui rendre hommage, alors qu’on venait d’apprendre sa disparition : Willie Colon, tromboniste, chanteur, compositeur, producteur, “new york ricain”, mort à l'âge de 75 ans. Willie Colon, grande star de la salsa et artiste engagé, qui a fait les beaux jours du label new yorkais Fania Records, où il a signé à l'âge de 15 ans seulement. C’est là qu’avec Celia Cruz ou, plus tard avec le chanteur panaméen Ruben Blades, il a chanté sa ville, son quartier, sa communauté avec ses problèmes aux Etats-Unis ou partout dans le monde latino, faisant de la salsa, ce grand melting pot musical new yorkais, un langage universel.
La musique et l'art sont plus efficaces que les discours des politiciens, disait en substance Willie Colon. L'artiste africain-américain Titus Kaphar ne qu'être d'accord avec lui, qui s’interroge sur la manière dont l’histoire et la représentation influencent la mémoire collective. En tant qu’africain américain, il se focalise en particulier sur la représentation des personnes noires dans l’histoire de l’art.
Son exposition The Fire This time, un titre inspiré d’un ouvrage de James Baldwin, est à voir jusqu'au 7 mars à la Galerie Gagosian (Paris).
Enfin, le film Everybody Digs Bill Evans, biopic consacré au pianiste Bill Evans dans la période difficile qu’il a traversée après la mort de son jeune contrebassiste Scott LaFaro, présenté en première mondiale au 76e Festival de Berlin est reparti avec un Ours d'argent pour son réalisateur, le Britannique Grant Gee. On espère que les distributeurs seront confiants et ne tarderont plus à nous le faire enfin découvrir!