La véritable histoire de l'enregistrement de l'album "Getz / Gilberto"
C’est LA voix de la bossa nova, celle qui est devenue une star planétaire en interprétant "The girl from Ipanema" sur l’album "Getz / Gilberto". Le Gilberto du titre, à l’origine c’est le nom de son mari, Joao Gilberto, le guitariste et chanteur qui a inventé la bossa nova avec Antonio Carlos Jobim et Vinicius de Moraes. Pendant des mois, il s’est enfermé avec sa guitare pour trouver le jeu juste, le rythme juste, le ton juste pour interpréter les chansons écrites par ses deux compères. A ce génial trio donc, s’est greffée la très discrète et très timide Astrud, 19 ans lorsqu'elle a épousé Joao Gilberto à qui elle s’est vite rendue indispensable, sur un plan affectif, psychologique et aussi artistique. Il était donc tout naturel que, lorsqu'il est allé enregistrer aux Etats Unis avec le saxophoniste Stan Getz, il ait demandé à sa jeune épouse de le rejoindre. C’est là qu’elle a enregistré pour la première fois : "Joao savait que je pouvais chanter parce qu’on avait l’habitude de chanter ensemble à la maison et quelques jours avant d’enregistrer The girl from Ipanema il a pensé que ce serait une bonne idée que j’enregistre la version anglaise parce qu’il ne parlait pas anglais, contrairement à moi." La chanson est devenue un tube… sans la voix de Joao en portugais, qui n’avait pas été gardée pour le single, avant d’etre rétablie sur la version de l’album.
Mais il était trop tard, Astrud Gilberto était devenue plus connue que son mari, qui l’a très mal supporté. Si sa carrière de chanteuse s’est envolée, le couple de celle qui est devenue la reine de la bossa nova a volé en éclats, et tout ça… pour 120 dollars, qui est le pauvre cachet qui lui a été accordé pour l'enregistrement de l’album.
Cette histoire, et de nombreuses autres, on les découvre dans ce film réalisé par Antoine Baldassari, “The Girl from Ipanema / Astrud Gilberto, reine de la bossa nova” qu’on peut visionner jusqu’en aout sur la plateforme ArteTV.
Au cimetière de Chasselay, dit “Tata de Chasselay”, grâce à des villageois qui qui n’avaient jusque là jamais vu d’hommes noirs, 196 dépouilles de les tirailleurs dits « sénégalais » ont pu trouver une sépulture. L'autrice et metteuse en scène Eva Doumbia a imaginé, à partir de nombreuses recherches (elle a travaillé quatre ans sur l’écriture de ce spectacle) une œuvre polyphonique où les récits des combattants se mêlent à ceux de ces villageois. Un spectacle auquel Eva Dumbia a désiré mêler de la musique en invitant un joueur de kora et un pianiste à se joindre sur scène aux comédien·nes.
"Chasselay et autres massacres", c’est jusqu’à la fin de la semaine au Théâtre Public de Montreuil. Un spectacle qui partira ensuite en tournée et passera les 19 et 20 mars CDN de Normandie-Rouen ainsi que les 6 et 7 mai au Théâtre de la Croix-Rousse (Lyon)
Et enfin, qui est ce “Furcy, né libre” à qui Abd Al Malik consacre un film sorti au cinéma la semaine et qui comptabilise déjà plus de 100 000 spectateurs. Il s’agit de Furcy Madeleine né esclave en 1786 sur l’île Bourbon (actuelle île de La Réunion), un homme qui a découvert à l’âge de 31 ans que sa mère, Madeleine, une Indienne originaire de Chandernagor, avait été affranchie trois ans après sa naissance. Donc, selon le droit de l’époque, son fils aurait dû être libre puisqu’il n’était plus le fils d’une esclave mais d’une femme libre. Pourtant, son propriétaire a refusé de reconnaître ce statut et l’a maintenu en esclavage un grande partie de son existence.
Lorsqu’il l’a su, Furcy a engagé un combat judiciaire sans précédent, qui a duré plus de 25 ans. Malgré les rejets répétés des tribunaux coloniaux, il a persévéré et porté son affaire jusqu’en métropole. En 1843, la Cour royale de Paris lui donne enfin raison, reconnaissant officiellement qu’il est né libre. Ce verdict survient cinq ans avant l’abolition définitive de l’esclavage dans les colonies françaises (1848). Entretemps, Furcy, qui a fait fortune dans la pâtisserie, s’est acheté lui-même deux esclaves.
Dans son combat personnel, et malgré son parcours paradoxal, il reste une figure marquante de l’histoire de l’esclavage et de la lutte pour la liberté dans les colonies françaises.
Enfin, on ne se quitte pas sans une pensée pour le saxophoniste Gerry Mulligan, qui nous a quittés il y a 30 ans aujourd'hui.