Miles Davis, de Newport à Montreux
Non, je ne vous raconterai pas la vie de Miles Davis.
D’abord parce-que je le ferai beaucoup moins bien que mes collègues, ou que ses collègues à lui, qui étaient ce midi les invités de Jean-Charles Doukhan dans Déli Express.
Aussi un peu parce-que la vie de Miles, c’est beaucoup de très beaux albums, mais c’est aussi très moche à plein d’endroits. C’est de notoriété publique, Miles, c’était quand même une sacrée raclure. Proxénétisme, management plus que toxique, escroqueries, violences conjugales... Il y a tellement d’exemples que notre inspecteur David Koperhant à eu la matière pour une série de cinq épisodes de Pour Qui Sonne le Jazz, très justement intitulée “Le roman noir de Miles Davis”, à écouter toute la semaine en direct à 9h30 ou quand vous voulez en podcast. Et tant que j’y suis, je ne saurais que trop vous conseiller d’aller écouter également la pastille de ma copine Pia Duvigneau sur les liaisons destructrices du trompettiste.
Donc non, je ne vous raconterai pas la vie de Miles Davis.
Je me contenterai, pour cette introduction, d’une seule anecdote. Une légende peut-être puisque c’est lui qui la raconte, et qui se passe à la Maison Blanche sous l’ère Reagan. Lorsque Nancy Reagan, Première Dame, demande à Miles ce qu’il a fait pour être invité, il aurait répondu “J’ai révolutionné cinq fois le cours de la musique.”, suivie d’une remarque insultante et misogyne que je vous épargne. Mais, en réalité, si Miles avait été plus honnête et moins orgueilleux, il aurait répondu “nous avons révolutionné cinq fois l’histoire de la musique”. Parce-qu’après tout, pas de “Birth of the Cool” sans Gil Evans, pas de “Kind of Blue” sans Bill Evans, Cannonball Adderley ou John Coltrane, et pas de "Tutu" sans Marcus Miller.
Chaque révolution avait son équipe de révolutionnaires, et ce soir dans Jazzlive, on se refait l’histoire. On ira au Newport Jazz Festival écouter le All-Stars Jam Session et son premier grand quintet, à Paris pour le second, on fera un crochet par Montreux pour un morceau en grand orchestre avec Quincy Jones, et on passera même un petit bout de réveillon avec un certain Prince...
Rendez-vous à 21h sur TSFJAZZ!
Playlist & Line up
Charlie Parker Quintet with Miles Davis, Big Foot (Live at the Royal Roost - 11/12/1948)
Miles Davis - trompette, Charlie Parker - saxophone alto, Al Haig - piano, Tommy Potter - bass, Max Roach - batterie
Miles Davis All-Stars Jam Session, Round' Midnight (Live at Newport Jazz Festival - 07/1955)
Zoot Sims - saxophone ténor, Gerry Mulligan - baryton, Thelonious Monk - piano, Percy Heath - contrebasse, Connie Kay - batterie
Miles Davis Sextet, Fran-Dance (Live at Newport Jazz Festival - 07/1958)
Cannonball Adderley - saxophone alto, Coltrane - ténor, Bill Evans - piano, Paul Chambers - contrebasse, Jimmy Cobb - batterie
Miles Davis Quintet, Someday My Prince Will Come (Live at the Blackhawk - 22/04/1961)
Hank Mobley - saxophone ténor, Wynton Kelly - piano, Paul Chambers - contrebasse, Jimmy Cobb - batterie
Miles Davis Quintet, Stella By Starlight (Live at Pleyel - 01/04/1964)
Wayne Shorter - saxophone ténor, Herbie Hancock - piano, Ron Carter - contrebasse, Tony Williams - batterie
Miles Davis & Quincy Jones (Live in Montreux - 08/08/1991)
Kenny Garrett - saxophone alto, Wallace Roney, Manfred Schoof, Ack Van Royen - trompette, Carles Benavent - basse, Grady Tate - batterie + The Gil Evans Orchestra + The George Gruntz Concert Jazz Band
Prince ft. Miles Davis, medley (Live at Paisley Park - 31/12/1987)
Prince - guitare, claviers, batterie, percussions / Sheila E. - batterie, voix / Levi Seacer, Jr. - basse, voix, batterie / Miko Weaver - guitare, voix, batterie / Dr. Fink - claviers, voix / Boni Boyer - claviers, voix, batterie / Eric Leeds - saxophone, flûte, batterie / Atlanta Bliss - trompette, batterie, Cat - danse, choeurs / Wally Safford - danse, percussions, batterie, choeurs / Greg Brooks - danse, percussions, batterie, choeurs
Miles Davis Sextet, Jean-Pierre (We Want Miles - 1981)
Marcus Miller - basse, Bill Evans - saxophone soprano & ténor, Mike Stern - guitare électrique, Al Foster - batterie, Mino Cinelu - percussions