Cécile Brocas au bout de ses rêves
Qui a dit que les rêves n’étaient pas faits pour être réalisés ?
Certainement pas notre invitée.
Ça faisait des années qu’elle nourrissait l’envie profonde d’enregistrer son propre album. Un recueil qui dirait tout son amour pour le chant, le jazz et les standards.
Mais avant de le concrétiser, Cécile Brocas a pris le temps de parfaire son art, en s’illustrant d’abord au sein de deux chorales gospel et r’n’b : We Are One et le Chœur Gospel de Paris.
Je les cite - déjà parce que ce sont deux ensembles fabuleux…Ensuite, parce qu’en leur sein, Cécile s’est aussi bien produite au Stade de France que sur des plateaux télés. Aussi bien auprès de Kassav que de Pharrell Williams.
Surtout, ces expériences lui ont donné suffisamment de force, suffisamment de confiance pour se lancer sous son nom et écumer, d’abord seule, les cafés et les clubs parisiens.
Et en procédant étape par étape, en posant une pierre après l’autre, elle s’est constituée un groupe et un répertoire qui forment la base de son premier album, That Was a Dream.
Un projet qui respire la grâce et la sensibilité et que Cécile Brocas a enregistré avec une fine équipe, dont les musiciens qui l’accompagnent ce midi dans Deli Express.
Je vais tous les présenter dans un instant. Et vous allez l’entendre c’est la crème de la crème.
Mais juste avant, je voudrais préciser qu’en plus de tout…En plus de l’élégance de sa voix…En plus de l’équipe de dingue qui l’entoure. En plus des chansons finement sélectionnées, il y a une cerise sur le gâteau : un titre écrit par le pianiste de Melody Gardot, Philippe Powell, et par l’homme derrière les premiers succès de Norah Jones : j’ai nommé Jesse Harris.
Cette chanson, elle se nomme All I’ve Ever Really Wanted…Elle est magnifique et on va l’écouter au cours de ce Deli.
Je suis sûr aussi que tu la chanteras ce soir, Cécile, puisque tu es en concert au Duc des Lombards.
Mais tout de suite te voici sur notre scène, avec Baptiste Herbin au saxophone, Fred Nardin au piano, Fabien Marcoz à la contrebasse et Romain Sarron à la batterie.
Avant de refermer notre Deli, on se souvient et on pense fort au pianiste brésilien Tenorio Jr.
Ça fait cinquante ans aujourd’hui qu’il a disparu sans laisser de traces, à Buenos Aires, alors qu’il était sorti de son hôtel pour s’acheter des cigarettes.
C’était une semaine avant le coup d’État militaire en Argentine, et on sait depuis qu’il a éé enlevé, torturé et assassiné par les forces de sécurité.
Sa tragique histoire était racontée il y a trois ans, dans un documentaire animé de Fernando Trueba, They Shot the Piano Player.
Tenorio Jr, qui était considéré comme l’un des pianistes les plus brillants de sa génération. Il n’a sorti qu’un seul album sous son nom, Embalo, en 1964.
On en écoute un extrait : Nebulosa !