Lundi 15 juin 2026 par L'équipe TSFJazz

L'adieu à Abdullah Ibrahim

Le pianiste sud-africain Abdullah Ibrahim est mort aujourd'hui à l'âge de 91 ans.

Né au Cap en 1934, longtemps connu sous le nom de Dollar Brand, il aura consacré sa vie à faire dialoguer les musiques de son Afrique du Sud natale avec le jazz américain.

Pianiste, compositeur et passeur de mémoire, Abdullah Ibrahim n'aura cessé de faire dialoguer les chants de son enfance en Afrique du Sud avec le jazz américain.

Au milieu des années 70, alors que le régime de l'apartheid se durcit, il choisit de quitter définitivement son pays. Commence alors une longue période d'exil. Loin de sa terre natale, il devient une sorte de messager itinérant, voyageant avec ses racines africaines qu'il traduit à travers sa musique. Sur sa route, il croise Buddy Tate, Max Roach ou encore Archie Shepp.

À cette époque, il se produit de plus en plus souvent seul au piano. En 1978, lors d'un concert à Nyon en Suisse, il enregistre Autobiography, un disque qu'il considérait comme son plus beau récital en solo. On y entend toute son histoire : les chants populaires sud-africains de son enfance, les hymnes du jazz noir américain et même les influences de la musique classique européenne.

Auteur du célèbre Mannenberg, devenu un symbole de la lutte contre l'apartheid, Abdullah Ibrahim laisse derrière lui une œuvre profondément marquée par l'exil, la mémoire et la transmission.

Une voix singulière du jazz qui aura passé sa vie à raconter son pays à travers le piano.

Crédit photo : Frank Benedetto