Adieu, Sonny Rollins...
Télescopage irréel… En plein centenaire de Miles Davis, c’est le “colosse du saxophone”, l’immense Sonny Rollins, qui tire sa révérence à l’âge de 95 ans. Sonny Rollins est décédé ce lundi 25 mai dans sa maison de Woodstock, dans l’État de New York. Il laisse derrière lui une discographie, un style et un son immédiatement reconnaissables.
C’est notamment avec Oleo, entendu sur un disque de Miles Davis, que Sonny Rollins s’était fait un nom au début des années 50, avant de signer un album avec Thelonious Monk puis d’intégrer le quintette de Clifford Brown et Max Roach. En 1956, Saxophone Colossus lui vaut son surnom de “colosse du saxophone”, porté notamment par le calypso St Thomas. La même période le voit croiser John Coltrane sur Tenor Madness, révolutionner le trio sans piano avec A Night at the Village Vanguard et signer Freedom Suite, prise de position précoce contre les inégalités raciales en Amérique.
S’ensuivra une pause de plusieurs années devenue légendaire : Sonny Rollins travaille alors son instrument sous le pont de Williamsburg à New York. Il revient en 1962 avec l’épuré The Bridge, aux côtés du guitariste Jim Hall, avant de retrouver une fougue plus abrasive dans les années free. Fidèle à sa curiosité musicale, Sonny Rollins avait aussi croisé son héros Coleman Hawkins, collaboré avec Pat Metheny et participé à l’album Tattoo You des The Rolling Stones. Marqué par les attentats du 11 septembre 2001 — il habitait à deux blocks du World Trade Center — il avait enregistré quelques jours plus tard Without a Song: The 9/11 Concert. Publié en 2005, l’album lui avait valu un Grammy Award. Le légendaire saxophoniste était enfin le dernier survivant des 57 musiciens réunis sur la célèbre photographie de 1958, A Great Day in Harlem.