Samedi 19 septembre 2026 par Laurent Sapir

La vie en relief. Jacques Henri Lartigue

-Belle leçon de 3D, aujourd’hui, dans « Plein Cadre », mais ça n’a rien à voir avec Avatar…

-On est en tout cas à la fois charmé et fasciné par La Vie en relief. Jacques Henri Lartigue, un documentaire de Denis Gaubert autour d’un génie de la photo qui, dès neuf ans, immortalisait tout ce qui l’émerveillait avec l’appareil stéréoscopique de son père... Jacques Henri Lartigue, disparu il y a tout juste 40 ans.

-Vous avez dit « stéréoscopique » ?

Oui, on parle ici de l’ancêtre de la 3D (pour un film documentaire qu'on découvre donc avec les fameuses lunettes en 3D...) dont un court métrage du même Denis Gaubert retrace l’âge d’or au XIXe siècle. Une ferveur qui va culminer à la Belle Époque avant de décliner, concurrencée par le cinéma et compromise aussi par des trafics d’images érotiques.

Mais le jeune Lartigue, lui, enchaîne les clichés en relief : les premières automobiles, les élégantes de l’hippodrome d’Auteuil, les repas et les vacances en famille… Avec les lunettes 3D, la magie de ces images et leur ineffable apesanteur semblent jaillir de l’écran… Une apesanteur qui fait étrangement écho à la jeunesse dorée de Lartigue, presque hors-sol. Son père lui apprenait comment dépenser l’argent, pas comment le gagner, et ses relations lui permettront d’échapper aux tranchées en 1914.

Quelques ombres pourtant : un frère inventeur malheureux, Lartigue qui galère comme peintre avant d’être révélé comme photographe à New York en 1963, à 69 ans… Reste cette légèreté, cette fantaisie tendre et excentrique qui irradient le film et qui renvoient aussi à l’univers d’un grand admirateur de Lartigue : le réalisateur Wes Anderson.

La Vie en relief. Jacques Henri Lartigue, de Denis Gaubert, en salles depuis ce mercredi 16 septembre.