Jazzlive : album souvenir

Tous les dimanches à 19h
Manon Brimaud

The Jazz Messengers at Café Bohemia - 1955

Art Blakey et les Jazz Messengers. Aujourd’hui, ces deux noms sont indissociables. Presque synonymes. Et pourtant, vous allez voir, l’histoire est un tout petit peu plus longue que ça 

Tout commence le 17 décembre 1947. Pour son premier album en leader, le batteur entre en studio avec les Art Blakey’s Messengers. Un octet qui rassemble pas mal de futures stars, à commencer par le trompettiste Kenny Dorham qui vient tout juste de fêter ses 23 ans. Et comme rien n’arrête la fougue de la jeunesse, Art Blakey monte en parallèle un big band de 17 musiciens, les Seventeen Messengers, qui se révèle rapidement intenable financièrement et finit par disparaître avant même d'enregistrer quoi que ce soit. Après ça, on n’a plus entendu parler de Messengers. 

Jusqu’à ce que Art Blakey rencontre, au tout début des années 50, un jeune pianiste fraîchement débarqué du Connecticut, avec une moustache sous le nez et toujours une casquette vissée sur le crâne : Horace Silver. Entre les deux, c’est l’évidence. En quelques mois, ils montent un quintet avec d’autres nouvelles têtes qui traînent dans les clubs de New-York, et décroche un un engagement régulier au Birdland. Plusieurs sessions seront enregistrées et sortiront sur le label Blue Note sous le nom de A Night at Birdland. Sur la pochette, le groupe s’appelle sobrement le Art Blakey Quintet, mais certains spécialistes de la question le considèrent comme le premier album des Jazz Messengers. 

Toujours est-il qu’en 1955, nos musiciens ne connaissent pas encore la fin de l’histoire. Ils sont même très occupés à en écrire le début. Et c’est un autre album qui leur servira d’acte de naissance officiel. Un disque enregistré lors d’une série de concerts au Café Bohemia en 54 et 55, et publié dans la foulée chez Blue Note. D’abord sous le nom de Horace Silver Quintet, puis Horace Silver and the Jazz Messengers, et enfin The Jazz Messengers au Cafe Bohemia. 

Et aujourd’hui, tout le monde est d’accord. Horace Silver au piano, Kenny Dorham à la trompette, Hank Mobley au saxophone, Doug Watkins à la contrebasse et Art Blakey à la batterie sont et resteront les Jazz Messengers originels. 

J’imagine que vous avez envie d’écouter ce que ça donne, et ça tombe bien. Les Jazz Messengers sur la scène du Café Bohemia, ça commence tout de suite dans Jazzlive!