Samedi 19 septembre 2026 par L'équipe TSFJazz

Centenaire Coltrane / John avant Trane...

John Coltrane engagé dans l'armée à Hawaï, en 1945.Crédit photo : U.S. Naval Reserve / domaine public

À l’occasion du centenaire de John Coltrane, TSFJAZZ revisite le parcours et l’univers du saxophoniste à travers plusieurs angles… et notamment ses années de formation, avant que John ne devienne Trane.

 

On ne naît pas Trane, on le devient. Et on prend du temps pour cela. Contrairement à d’autres musiciens précoces, John Coltrane n’a pas été tout de suite perçu comme un innovateur, et son éclosion a été tardive, plus ou moins contrariée par les accidents de la vie et un tempérament discret. Né en Caroline du Nord et frappé très jeune par une série de décès dans sa famille, le jeune homme attend ses 17 ans pour retrouver sa mère à Philadelphie, où elle a pu trouver un travail. 

Entre deux travaux d’usine pour payer ses cours de musique, il s’offre son premier saxophone alto et ses premiers émois musicaux : Lester Young, sa toute première influence, Johnny Hodges, l’un des solistes majeurs de Duke Ellington, et surtout Charlie Parker, qui vient jouer à Philadelphie le 5 juin 1945. Coltrane est dans la salle avec Benny Golson. Les deux jeunes amis sont sidérés par ce qu’ils entendent. 

C’est le moment pour Coltrane de prendre son élan… mais avec l’armée pour tremplin. Engagé dans la marine et affecté à Hawaï, il grave ses tous premiers enregistrements en juillet 1946 au sein des Melody Masters, un orchestre militaire. Autre école à son retour dans la vie civile, celle du rhythm and blues. Le musicien y apprend à projeter sa sonorité, à la rendre à la fois massive et fluide… Parmi ses rencontres, Eddie “Cleanhead” Vinson, qui cherche non pas un altiste, mais un ténor. Changement décisif pour le futur auteur du trépidant Countdown, construit douze ans plus tard sur la grille de Tune Up, une composition d’Eddie Vinson.

Mais Coltrane n’a pas fini d’écouter, d’absorber… Coleman Hawkins, Dexter Gordon, Sonny Stitt… avant le premier grand engagement en 1949 dans un grand orchestre, et pas n’importe lequel, puisque c’est Dizzy Gillespie qui est aux commandes. Le saxophoniste rejoint ensuite les formations d’Earl Bostic et de Johnny Hodges — retour aux sources. Lorsque Miles Davis l’appelle en 1955, il a déjà 29 ans.