Le dos rouge

Revoir Jeanne Balibar et défaillir. C’est en historienne d’art guidant un cinéaste dans les musées que la comédienne crève à nouveau l’écran, improvisant devant une toile de Miro un commentaire promis au statut de phrase-culte:  « Le Catalan international me laisse de marbre »…

Le cinéaste est joué par Bertrand Bonello dans ce Dos Rouge où l’on retrouve également Géraldine Pailhas, Pascal Greggory, Isild Le Besco et, en voix-off, Charlotte Rampling. Casting-type pour cinéphiles bobos ? S’en tenir là serait dommageable au regard de l’originalité du propos d’Antoine Barraud et surtout de la forte teneur en hypnose de sa mise en scène.

Le profil vulnérable et parfois même enfantin de Bonello lui-même, dont la relation avec le monde de la peinture a déjà nourri dans le passé L’Apollonide, contribue à nous faire adhérer aux affres de son personnage de réalisateur s’efforçant de dénicher la toile idéale censée l’inspirer pour son prochain film dédié au thème de la monstruosité… Une tâche rouge s’étend parallèlement sur son dos tandis que son escort-guide change soudainement de visage.

Ce mix entre Edgar Poe et le Sueurs Froides d’Hitchcock résume bien la belle étrangeté du film et les vertiges qu’il procure au spectacteur même s’il finit un peu par s’y consumer dans la dernière ligne droite du récit. On en retient, en même temps, une manière inédite, à la fois fragmentaire et panoramique, de filmer la peinture au cinéma, ainsi qu’une tonalité envoûtante qui stimule l’imaginaire.

Le Dos Rouge, Antoine Barraud (Sortie en salles le 22 avril)




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