Lost River

Hybride et nonchalant, le baptême du feu de Ryan Gosling derrière la caméra aura au moins le mérite de casser l’image mainstream qui colle à la peau de l’acteur même si le Only God Forgives de Nicholas Winding Refn en avait déjà brillamment écorné les contours. Il aurait fallu, pourtant, plus de souffle pour que Lost River soit vraiment convaincant.

Le film est un mix, en fait, entre divagation fantastique dans le prisme du teen moovie et peinture sociale d’un certain crépuscule américain, le tournage ayant eu lieu à Détroit et dans sa banlieue. Maisons délabrées et partant en flammes quand bon leur semble, exode massif de la population, pillards et dégénérés à l’oeuvre… On n’est pas très loin, à vrai dire, de ce qu’il est réellement advenu de la Motor City transformée en l’espace de quelques années en ville-fantôme sous l’effet de la crise.

C’est dans ce triste décor que Ryan Gosling plaque un conte de fée gothique centré sur la lutte d’une mère-célibataire contrainte, pour survivre, d’aller bosser dans un cabaret sordide dont la scénographie rappelle un peu l’univers de Dario Argento. En parallèle, son fils fantasme sur une cité engloutie non loin de là…

Les deux histoires s’emboîtent laborieusement. On pense parfois à David Lynch, mais l’ennui qui taraude et le peu d’intérêt qu’on accorde aux personnages orientent rapidement le film vers l’album d’images saupoudré d’un sympathique mais accessoire parfum d’étrangeté.

Lost River, Ryan Gosling (Sortie en salles le 8 avril)




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