Only Lovers Left Alive

Vampires classieux entre Tanger et Détroit… Dans une ambiance crépusculaire dont Jim Jarmusch a le secret, un collectionneur de guitares rock (Tom Hiddleston) et une amoureuse des livres (Tilda Swinton) forment un couple joliment glamour tout en prenant un soin particulier à se nourrir de sang non contaminé.

Mission noble mais désespérée. Les zombies sont partout ! Incultes, immatures, consumés dans leur propre consumérisme, ils prennent de multiples visages, y compris celui d’une mademoiselle sans-gêne qui va foutre un sacré boxon dans le domaine des deux amants.

Mais il en faudrait plus pour déstabiliser la nonchalance décati dont Jim Jarmusch enguirlande ses personnages. Only Lovers Left Alive berce l’esprit. Les références s’amoncellent sur la pellicule, qu’elles soient musicales ou littéraires, et l’alchimie qui en résulte oscille en permanence entre le cute et le sweet. On éprouve juste le regret de ne plus voir un cinéaste pulser comme il pulsait autrefois. « Un rocker qui vieillit, c’est affreux », se lamente, sur les ondes de TsfJazz, mon collègue du matin, Mathieu Beaudou, qui connait pourtant son Jarmusch par coeur…

Je me souviens, pour ma part, du Aloysious Parker de Permanent Vacation, le film de fin d’études de Jarmusch. Dans les limbes d’un New-York désertifié, le type ne jurait que par son homonyme jazzistique avant de fendre l’écran au gré de travellings hallucinés. De ce jazz gorgé de sang frais au rock gothique, vampirisé et peu à peu délavé de Only Lovers Left Alive, la boucle est bouclée.

Only Lovers Left Alive, de Jim Jarmusch (Sortie en salles le 19 février)




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