La Taupe

Allergiques au film d’espionnage, surtout ne pas s’abstenir ! A défaut de vous réconcilier complètement avec un genre qui relève souvent du masters en langues étrangères, « La Taupe » s’impose au moins comme un régal de mise en scène et d’interprétation.

C’est le Suédois Tomas Alfredson qui se coule ainsi à la perfection dans le moule British en adaptant un thriller  de John Le Carré. Prologue époustouflant, dans un Budapest couleur guerre froide…  La suite reste impeccablement dans l’esprit seventies à travers une chasse à l’homme visant à identifier la fameuse taupe infiltrée dans les services secrets de sa Gracieuse Majesté.

Gary Oldman, John Hurt, Colin Firth, Toby Jones,  David  Dencik…  Voilà pour le casting d’orfèvre qui voit défiler des anti-James Bond broyés entre paranoïa et lassitude. Les espions sont fatigués. Ils sont seuls, surtout, et le climat feutré qui les entoure est comme un poison où vient se fracasser tout sentiment d’amitié, toute envie d’épanouissement…

La froide géométrie des plans, des cadrages, accentue encore d’avantage le spleen de ces hommes de l’ombre réduits, justement, à l’état d’ombres… Sans atteindre la finesse psychologique des « Patriotes », d’Eric Rochant, modèle du genre, « La Taupe » remplit largement son contrat.

« La Taupe », de Tomas Alfredson (Sortie en salles le 8 février)




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