Melancholia

Il ne sera jamais Terrence Malick. Il a beau vouloir tutoyer lui aussi le cosmos, mettre en relation une trajectoire individuelle et les forces de l’infini et user jusqu’à plus soif  de Wagner, des grands maîtres de la peinture et de plans fixes qui se voudraient tétanisants de beauté, Lars Von Trier n’arrive pas, loin s’en faut, à la cheville du réalisateur de « Tree of Life ». Boursouflé dans sa texture même, son « Melancholia » alourdit les paupières alors que « Tree of Life » irradiait nos pupilles.

Quand Terrence Malick filme la naissance du monde, il le fait en regard d’une expérience humaine forte tout en réinventant une fluidité cinématographique. Quand Lars Von Trier filme la fin du monde, il caricature Tarkovski (c’était déjà le cas dans « Antichrist », mais avec une réelle efficacité terroriste dans la mise en scène) et en rajoute dans le pontifiant et l’indigence d’une pensée dont les seules exhalaisons cannoises ont pris la forme d’un éloge d’Hitler !!!  C’était plus radical, certes, que le film, et en même temps beaucoup moins chiant.

Pour le reste, j’avoue ne pas avoir su par quel biais on pouvait s’intéresser à cette histoire de mariage raté dans une belle demeure au moment où une planète menaçante se rapproche de la terre… Le ton ultra-romantique qui sert de vernis à l’ensemble apparait rapidement désuet et lourdingue. Malgré tous les efforts de Kirsten Dunst (l’ex-Marie-Antoinette de Sofia Coppola), qui joue la mariée mélancolique, aucune magie ni aucune émotion ne parviennent à passer la rampe… Les apparitions de John Hurt et Charlotte Rampling n’ont qu’une vocation distrayante. Difficile, enfin, de supporter l’enlaidissement saugrenu d’une comédienne aussi diaphane que Charlotte Gainsbourg qui joue ici la soeur très clean de la mariée avant de paniquer en rase campagne lorsqu’on en vient à la séquence « Apocalypse Now »…

« Melancholia », de Lars Von Trier (Sortie en salles le 10 août)




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