My Little Princess

Une mère photographie sa fille dans une situation pour le moins scabreuse: « Ecarte encore un peu plus les jambes, ma chérie »… Elle a à peine une dizaine d’années, la gosse, et même si c’est Isabelle Huppert qui joue la mère, on a tout de le même le droit de ne pas adhérer à ce triomphe du glauque sous couvert de cinéma d’auteur.

« My Little Princess », première oeuvre autobiographique d’Eva Ionesco, trouvera certainement ses fans… Musique de Bertrand Burgalat, minaudages esthétisants, ambiance sex-pop-branchouillarde pour narrer la triste et véridique histoire d’une icône pédo-pornographique des années 70 broyée par sa folle de mère… Difficile de faire mieux dans le genre névrose tirebouchonnée…

Mieux dirigé et plus hermétique aux nombreux trous d’air qui déséquilibrent le film et l’orientent vers l’ennui sur papier glacé, « My Little Princess » aurait peut-être pu passer la rampe. Il n’en est rien. Dés le début du récit, tout sonne faux, à commencer par ce personnage de grand-mère roumaine qui élève sa petite fille en l’absence d’une mère délurée qui se prend pour une star.

Isabelle Huppert cabotine en roue libre dans cette affaire. Depuis « La Cérémonie », de Claude Chabrol, et « La Pianiste », de Michael Haneke (le premier film date de 15 ans, le second de 10 ans), cette comédienne d’exception ne parvient plus à dénicher, derrière la caméra, le ou la cinéaste qui serait à même de canaliser son éclat. On désespère de la voir ainsi se débrider de film en film…

« My Little Princess », d’Eva Ionesco (Sortie en salles le 29 juin)




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