High Life

Elle nous fait son 2001, Odyssée de l’Espace, mais n’est pas Kubrick qui veut. S’efforçant de faire rimer métaphysique et galactique, Claire Denis envoie en mission des condamnés à mort ayant échangé leur trépas terrestre contre des expérimentations pas moins hasardeuses : se prêter aux sollicitations d’une « chamane du sperme » (c’est du moins ainsi que la surnomme l’équipe) avide de recherches sur la procréation, passe encore… Extraire d’un trou noir une source d’énergie vitale pour planète Terre en déshérence est bien plus dangereux.

La cinéaste poursuit ici une seule ligne directrice: contourner tous les codes du climax, en commençant par la fin, par exemple, avec en unique rescapé de l’aventure Robert Pattinson flanqué d’un nourrisson femelle conçu bien au-delà encore d’un quelconque 7e ciel… Prologue tout en beauté organique, même si l’obstination que met Claire Denis à squeezer toute intensité dramatique finit par se retourner contre elle, à l’instar de ses opus précédents.

À retenir, cependant, le numéro courageux et pas si embarrassant que prévu de Juliette Binoche en sorcière du in vitro. On garde également à l’esprit cette savoureuse réplique de l’un des premiers sacrifiés de cette odyssée: « Même dans l’espace, ce sont les Noirs qui partent les premiers »…

High Life, Claire Denis (en salles depuis mercredi)




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