Dogman

Difficile de contester à Marcello Fonte le prix d’interprétation masculine au dernier festival de Cannes. Avec ses faux airs d’Al Pacino, il crève l’écran dans la peau d’un toiletteur pour chiens aussi malingre que retors, surtout lorsqu’une brute épaisse accro au racket et à la coke vient lui chercher des crosses.

C’est l’Italien Matteo Garrone (déjà chroniqué ici pour son laborieux Gomorra et son bien plus baroque Tale of Tales) qui tient les commandes de ce récit inspiré de faits réels. Au tout début du film, le personnage principal témoigne d’une manière bien à lui d’apprivoiser les molosses les plus enragés. Un talent fort utile lorsqu’est contraint de passer soi-même à l’état sauvage après avoir été rattrapé par une chienne de vie.

De nombreux morceaux de bravoure jalonnent cette odyssée. L’interprétation, on l’a mentionnée, mais aussi le décor sidérant, une sorte de no man’s land décrépi dans une bourgade en bord de mer où tout semble rouillé et déliquescent, à l’instar de ces flaques d’eau filmées façon Tarkovski. La mise en scène serre toutes les vis côté maîtrise. Trop, peut-être. À force de ne jamais surprendre malgré un climax pour le moins opérationnel, Dogman échoue dans la niche des bons films vite oubliés.

Dogman, Matteo Garrone, Cannes 2018 (Sortie le 11 juillet)




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