Bienvenue à Suburbicon

George Clooney réalisateur s’est encore perdu, cette fois-ci à Suburbicon. Il disposait pourtant d’un argument de poids, à savoir un vieux scénario des frères Coen. Une main trop lourde et aussi engourdie que dans Monuments Men précipite, hélas, ce nouvel opus dans l’impasse.

L’échec tient avant tout à une greffe ratée, les turpitudes criminelles d’un père de famille aux prises avec des prêteurs sur gage étant censées faire écho à la tentative de lynchage d’une famille afro-américaine dans une banlieue pavillonnaire des années 50. Sauf que dans cette dénonciation plus ou moins satirique de l’Amérique d’Eisenhower dont celle de Trump serait l’héritière, le réalisateur de Good Night, Good Luck rate l’essentiel. La famille noire n’est qu’un élément de décor. Son calvaire, Clooney le traite par dessus la jambe.

Ses priorités de casting sont blanches de couleur: Matt Damon et Julianne Moore sont là pour attirer le chaland, mais l’intrigue autour de ces deux Thénardier de l’American Way of Life qui n’hésiteraient pas à dévorer tout cru un pauvre gosse pour arriver à leurs fins manque de souffle. Le souvenir de L’Ombre d’un doute d’Alfred Hitchcock nous traverse l’esprit. Comme pour mieux enterrer ce qui en est un triste avatar.

Bienvenue à Suburbicon, George Clooney (le film est sorti mercredi)





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