Le Musée des merveilles

C’est son Hugo Cabret à lui. C’est dire à quel point Todd Haynes, à l’instar de Scorsese s’époumonant à retrouver son âme d’enfant, s’égare dans ce Musée des merveilles laborieusement construit au gré de deux trajectoires qui se rejoignent.

Premier fil à la patte dans ce scénario si peu aéré, l’odyssée dans les années 70 de Ben, gamin du Minnesota rendu sourd après avoir été touché par la foudre. Lorsque sa mère se tue dans un accident de voiture, il part à la recherche de son père à New-York et finit par retrouver sa trace dans un muséum d’histoire naturelle.

Deuxième parallèle, quelqu’un demi-siècle plus tôt, au travers de la course éperdue de Rose, sourde de naissance, méprisée par sa maman (Julianne Moore), star du cinéma muet… Fuyant son New Jersey natal, elle rejoint Manhattan jusqu’à ce que le spectateur finisse par l’identifier, elle aussi, dans fameux muséum d’histoire naturelle où Todd Haynes se targue d’avoir reconstitué tout un monde merveilleux.

Exercice de style sur le mode de la fable, enfantillages pré-vacances de Noël, exode cinématographique sur les rives du vintage quand l’inspiration fait défaut sur des thèmes plus contemporains… On a connu Todd Haynes bien plus incandescent (Loin du Paradis, I’m Not There…) même si avant-dernier opus, Carol, témoignait déjà d’une préciosité stylistique dont cet inoffensif Musée des Merveilles n’est qu’un nouvel avatar.

Le Musée des merveilles, Todd Haynes, sélection officielle au festival de Cannes (le film est sorti mercredi)




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