Carré 35

Un regard de cinéaste peut-il transcender le poids du non-dit ? Le tact et la sensibilité d’Éric Caravaca, acteur-réalisateur de forte intensité (Son Frère au cinéma, Ivanov au théâtre…), ne sont pas de trop pour remonter aux sources d’un tragique secret de famille, la disparition précoce d’une petite frangine trisomique née d’un couple d’Espagnols de Casablanca au moment de la décolonisation.

Elle s’appelait Christine. Au cimetière où elle repose, sa photo a été détruite. Son nom aura à peine été prononcé pendant l’enfance de l’acteur. Aujourd’hui encore, sa mère refuse de dire ce mot, trisomique.

Interviews des proches, films en super 8 mais aussi documents d’archives sur le sort réservé aux enfants handicapés à l’époque nazie… Carré 35 agence et entremêle l’intime et la grande histoire dans une démarche qui pourrait rappeler celle de Chris Marker si le commentaire était moins appuyé.

Le trait d’union avec la décolonisation ne convainc pas d’avantage, d’autant plus qu’on ne sait pas grand chose sur la façon dont les parents Caravaca ont vécu cette période… Au-delà du non-dit, c’est peut-être aussi le poids du « non-filmable » que le réalisateur-comédien a peut-être sous-estimé.

Carré 35, Éric Caravaca, sortie en salles ce 1er novembre.




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