Mise à mort du Cerf sacré

Dans The Lobster, sorti en salles il y a deux ans, Yorgos Lanthimos prouvait que la loufoquerie lui seyait à ravir au regard du destin tragi-comique de célibataires transformés en animaux faute de trouver l’âme sœur. La 2e partie du film, hélas, partait en vrille. Propice à une nouvelle breloque cannoise (prix du scénario après celui du jury en 2015…), Mise à mort du Cerf sacré relève d’un registre plus dramatique même si, encore une fois, le bel objet filmique ne tient pas tout à fait ses promesses de départ.

Même acteur au rendez-vous, à savoir Colin Farrell dans la peau d’un chirurgien qui va payer chèrement un moment d’égarement dans son parcours professionnel. S’efforçant de réparer ses tords en prenant sous son aile le fils d’un patient dont il a provoqué la mort sous l’emprise de l’alcool, le cardiologue au profil libéral bon teint ne discerne guère les intentions vengeresses du jeune homme. Ce dernier s’introduit dans la maison de son protecteur, s’attirant les bonnes grâces de la maîtresse de maison (Nicole Kidman, glaciale à souhait…) et jouant du pouvoir étrange de rendre malade les deux enfants du couple.

Les références s’accumulent: le Pasolini de Théorème, les mythes grecs avec Œdipe, Médée et Iphigénie convoqués à tour de rôle, sans oublier bien sûr Stanley Kubrick avec ce mélange de froideur raffinée et de maestria du grand angle sur fond de musique classique. L’ensemble frappe par son indéniable virtuosité, mais le propos sur les vices cachés d’une grande famille bourgeoise sonne creux et vieux. La surcharge esthétique, dés lors, ne fait que parasiter le crescendo final qui était censé nous clouer de terreur.

Mise à mort du Cerf Sacré, Yorgos Lanthimos, prix du Scénario à Cannes (Sortie en salles le 1er novembre)




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