Good Time

Comment le festival de Cannes se la raconte, décidément… Entre deux émois solennels façon 120 battements par minute, au printemps dernier, on nous fit le coup de la parenthèse-oxygène, du trip léger mais acidulé dont tout festivalier ne peut que se gargariser lorsqu’il a envie de reprendre son souffle avant de s’attaquer à d’autres mastodontes cinématographiques. On appelle ça le syndrome After Hours, en mémoire d’un film plutôt mineur mais ô combien pétaradant de Martin Scorsese qui avait enchanté la croisette il y a plus d’une trentaine d’années.

Cette année, ce sont les frères Safdie, mascottes trentenaires du cinéma indépendant new-yorkais, qui se sont attelés à cette mission aux résultats plus que litigieux. Suite à un braquage qui a mal tourné, un galérien roublard tente de faire évader son frère à qui il manque, semble-t-il, quelques neurones. Quiproquos saugrenus, combines foireuses… L’entreprise vire à la fuite en avant dans un New-York nocturne avec bande-son particulièrement enfiévrée.

Stylé et chahuté, le propos des deux réalisateurs bute malheureusement très vite sur un scénario qui ne cesse de bifurquer vers l’anecdotique. On part sur un bel hymne à la fraternité, mais c’est finalement tout un micmac autour d’une bouteille de LSD qui envahit progressivement l’écran. Dans le rôle principal, Robert Pattinson livrerait ici, nous dit-on, une performance faisant définitivement oublier son passé d’ex-vampire pour midinettes dans Twilight. L’acteur était pourtant bien plus convaincant en Dorian Gray d’un capitalisme agonisant dans le Cosmopolis de David Cronenberg.

Good Time, Josh et Benny Safdie, sélection officielle au festival de Cannes 2017, sortie en salles ce 13 septembre.





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