Jeannette, l’enfance de Jeanne d’Arc

L’austère qui se marre, troisième épisode. Après le déjanté P’tit Quinquin et le si lourdingue Ma Loute, Bruno Dumont chasse une fois de plus ses idées noires et transforme l’enfance de Jeanne d’Arc en comédie musicale électro sur un texte de Charles Péguy. Au gré de cet ovni pastoral, quelques moutons se permettent de bêler leur embarras face au trip « Nouvelle Star » de la jeune bergère de Domrémy. On est de tout cœur avec eux.

Car tout sonne faux dans cette kermesse bondieusarde. Les chansons, les danses (malgré le renfort de Decouflé…), la musique et surtout la prose de Péguy livrée à une diction jeu de massacre de la part des jeunes comédiens. On comprend un mot sur deux et ce que l’on comprend ressemble encore à du chinois.

Dans un décor de bout de lande qui tourne rapidement à l’image pieuse, on croise également deux sœurs jumelles religieuses plus ou moins excitées, un archange sur un arbre perché ainsi que l’oncle de Jeanne inopinément rajeuni en mode hip hop. À la Quinzaine des Réalisateurs, à Cannes, les derniers fidèles de Bruno Dumont ont cru voir dans cette pochade indigeste une œuvre touchée par la grâce. Libre à eux d’entendre des voix.

Jeannette, l’enfance de Jeanne d’Arc, Bruno Dumont (Sur Arte le 30 août, sortie en salles le 6 septembre)




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