Song to Song

Dans un premier temps, on se veut relativement indulgent envers le nouveau Terrence Malick. OK, l’arborescence de The Tree of Life n’est plus qu’un lointain souvenir, mais au regard du squelettique Knight of Cups, ce Song to Song apparaît moins vitrifié, plus aérien. L’arrière-plan musical du film (qui n’est, certes, qu’un arrière-plan), lui donne des allures de clip et le casting haut de gamme confine souvent à la sympathique distraction.

Et puis quelques jours passent après la projection… Et c’est toute l’inconsistance, l’irrémédiable platitude du propos qui esquinte la mémoire. Rooney Mara, la sous-Audrey Hepburn de Carol, ne semble avoir que l’embarras du choix entre un producteur Don Juan (dont Michael Fassbender ne peut décliner que les facettes dans le cabotinage le plus navrant…) et un chanteur-pianiste tristounet et cool à la fois, registre auquel Ryan Gosling paraît désormais abonné depuis ses pas de danse dans La La Land

Dans des rôles secondaires, on se surprend à penser que les partitions offertes à Natalie Portman et Cate Blanchett auraient peut-être mérité de plus amples développements. Mais bon, à quoi bon décortiquer d’avantage un tel ectoplasme ? Avec cette musicalité des voix-off qu’il achève de transformer en disque rayé, Terrence Malick se répand en considérations sur l’amour, la beauté et l’art qui masquent surtout le fait qu’il n’a plus rien à raconter et qu’il ne sait plus, surtout, comment le raconter.

La magnitude de plusieurs plans et des effets de montage qui parviennent à subjuguer ici ou là n’ont dés lors pas plus de valeur que les apparitions de Patty Smith et Iggy Pop : purs gadgets, au cœur d’une impasse dont un cinéaste autrefois si inspiré n’est plus réduit qu’à soigner le décorum.

Song to Song, Terrence Malick (en salles depuis mercredi)




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