Okja

Difficile de ne pas faire le lien entre ce que raconte Okja et ses conditions de production. Netflix, cet OGM de la distribution qui prétend faire l’impasse sur le grand écran, permet donc au réalisateur sud-coréen Bong Joon-ho de s’en donner à cœur joie dans les tribulations d’un cochon génétiquement modifié. Résultat hybride, ne serait-ce que dans la construction même du film.

Premier volet, la romance bisounours et forestière entre une petite orpheline, Mija, et son animal fort bien nourri, ma foi, jusqu’à prendre beaucoup d’espace. Deuxième temps, l’irruption de l’affreuse industrie agro-alimentaire qui vient reprendre possession du cochon hypertrophié pour en faire le clou -ou plutôt le mastodonte- d’un show à grand spectacle. Dernier niveau: le combat d’une jeune bande d’exaltés contre l’industrialisation de la mise à mort animale au travers d’abattoirs filmés comme des camps de concentration.

Plus que dans la manière d’imbriquer ces trois segments, la virtuosité de Bong Joon-ho s’exerce dans l’inventivité, le rythme et le renfort de « méchants » désopilants à l’image de Tilda Swinton et Jake Gyllenhaal. La charge politique, quant à elle, coche toutes les cases de l’attirail écolo-altermondialiste ambiant sans forcément avoir le même impact que Snwopiercer, le Transperceneige, l’opus précédent du réalisateur. On a même parfois l’impression d’un Bong Joon-ho en mode Disney. Le must cannois apparaît, du coup, quelque peu dévalué. Sur Netflix, en revanche, voilà un bon divertissement.

Okja, Bong Joon-ho, sélection officielle au festival de Cannes, sorti le 28 juin sur Netflix.




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