Koniec (La Fin)

5eme expérience, en ce qui me concerne, de l’univers théâtral du Polonais Krzysztof Warlikowski… La plus caricaturale, sans aucun doute… Tout ce qui nous avait emballé autrefois ( jusqu’au trépidant et incandescent « Tramway » de l’année dernière avec Isabelle Huppert reprenant le rôle de Vivien Leigh dans « Un Tramway nommé désir ») s’enlise désormais dans l’autisme et l’embrouillamini… Tout ce qui nous paraissait par ailleurs légèrement problématique prend soudain des proportions alarmantes, et notamment cette tendance, à travers divers dispositifs scéniques, à « déréaliser » le théâtre, à le fragmenter en concepts épars dont le sens poétique ou philosophique échappe complètement au spectateur.

Trop facile, les vitres, les vidéos, la musique post-punk, les micros… Trop épuisant, ce maillage de textes arrachés à Kafka, Koltès, Cotzee et qui est censé illustrer on ne sait quelle thématique du franchissement par rapport à des normes immuables comme la loi ou la mort… Trop démagogue, au final, cette manière d’aller faire ses courses dans les grandes oeuvres d’autrui pour uniquement tapisser ses propres cauchemars, sans même prendre appui sur une réalité historique concrète, comme c’était encore le cas il y a deux ans avec « (A)Pollonia »

Au bout de deux heures trente, l’entracte… Envie de s’en aller, là, tout de suite, de laisser tout ce magma glauque et criard à ceux qui parviennent -les courageux- à s’en imprégner… On reste, par conscience professionnelle… La 2ème partie dure un peu plus d’une heure. Elle comporte des moments plus charnels, plus mystérieux, dans le bon sens du terme… Ce personnage de douanier gardien des morts, par exemple, nous parle un peu, et les acteurs semblent étrangement plus incarnés… On est loin du compte, en même temps, comme s’il fallait se réjouir d’avoir vu quelques fenêtres s’entrebâiller dans ce qui reste avant tout, et d’une manière souvent insupportablement présomptueuse, un grand théâtre de l’enfermement.

« Koniec (La Fin) », mise en scène Krzysztof Warlikowski, au théâtre de l’Odéon, à Paris, jusqu’au 12 février.




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