Showcase made in Israël…

Un bourdonnement constant, des bars ouverts pratiquement toute la nuit, la défonce à ciel ouvert… Barcelone ? Non, Jérusalem.

Ce qui n’empêche pas, au détour d’une ruelle à l’ambiance plutôt bucolique, de voir surgir un civil avec une Kalachnikov. La nuit vous absorbe tout cela à coup de vodkas-cranberries sur fond d’électro-swing qu’un DJ impassible mijote avec tact au Sira, l’un des lieux underground les plus cultissimes de la ville.

Changement de décor avec la chorégraphe Tamara Mielnik. Silhouette menue, regard intense, cheveux tirés en arrière… C’est un peu la Pina Bausch de Jérusalem, avec un art du contrepoint et de l’ouverture à l’autre qui la pousse à former des femmes juives orthodoxes, elle qui n’est pas religieuse pour un sou.

La danse soulage décidément bien des tensions. La musique aussi. Au Yellow Submarine, ce club trop bien stylé qui accueille l’International Music Showcase 2016, le nouveau jazz israélien regorge de sonorités éthiopiennes, iraniennes, turques, indiennes, soudanaises… Sonorités palestiniennes, également. Sur l’affiche du festival, des bandes s’échappent des cassettes qui les hébergeaient. Elles gigotent dans tous les sens, se fichant comme d’une guigne du poids des frontières et de celui des vieilles pierres.

On craque carrément pour le spoken word kabbalistique de Victoria Hanna, une chanteuse  bien barrée, ou encore pour le trio gothique Cut ‘N’ Bass dont le contrebassiste-leader a été initié par John Patitucci à New-York. Il y a aussi ce jeune pianiste, Uriel Herman, doté d’un art de la composition inouïe. De lui, on reparlera certainement, bien au-delà d’Israël, alors que d’autres formations, si généreuses soient-elles sur le plan musical, peuvent sembler plus difficilement exportables…

Ultime embardée à Tel-Aviv… Pour la tombée de la nuit sur la plage, mais aussi pour son bar à cocktails hallucinant, le Bellboy, avec ses serveurs dandys, ses potions magiques au blanc de neige, Bix Beiderbecke en arrière-fond musical, sans parler des toilettes où, dans une obscurité toute tamisée, on reconnait l’air du Sacre du Printemps… Plus tard, dans la nuit, un groupe de klezmer-heavy metal déchire tout.

International Showcase, Jérusalem et Tel-Aviv, 16-20 novembre 2016




Les commentaires sont fermés.