Voyage à l’intérieur du cinéma français

Reproduction d’un mail envoyé au réalisateur Bertrand Tavernier cet été…

Cher Bertrand Tavernier,

C’est cette anomalie à la rétine que vous évoquez à un moment de votre récit qui vous rend si visionnaire ? Je ressors de la projection de Voyage à travers le cinéma français bouleversé et bluffé par toutes ces émotions partagées, ces archives fulgurantes et ces agencements de mémoires -la vôtre, la nôtre- sertis de fluidité et de sensibilité, sans oublier des mises au point, dans tous les sens du terme, particulièrement bienvenues.

Après Paul Vecchiali dans sa fascinante Encinéclopédie des années 30, vous êtes le deuxième à nous rappeler pourquoi il est impossible de détester Jean Renoir et pourquoi il est pareillement impossible d’oublier sa dérive de l’an 40, lorsqu’il déclarait : « J’ai été victimes des Juifs qui nous empêchaient de travailler et qui nous exploitaient »…

Quant au reste… De Falbalas à Cléo de 5 à 7, et de Jean Gabin à Eddie Constantine, que de vibrations ! Que de fraternité, également… Envers les connus et les moins connus (à quand un cycle Edmond T. Gréville sous votre direction ?), envers les cinéastes mais pas que les cinéastes. On connaît désormais, grâce à vous, le rôle déterminant du décorateur Alexandre Trauner dans la légende de Le Jour se lève. On se délecte de la prose d’Aragon lors de la sortie de Pierrot Le Fou

On déambule avec vous, conteur d’exception, amoureux des B.O. jazz et des vrais compositeurs (le combo de Maurice Jaubert dans L’Atalante…), ordonnateur de chorus plus fougueux les uns que les autres, de Becker à Melville, de Melville à Sautet, en plein cœur de ce qui rend, à nos yeux, des pans entiers du cinéma français complètement mythologiques, cinéma français dont on est d’autant plus nostalgique qu’il n’est plus guère très nourrissant de nos jours tant il paraît, dans la dernière période -Alain Guiraudie excepté- convenu et pauvre de discours.

Alors que ce voyage que vous nous offrez est si riche…
Au plaisir d’en reparler avec vous, cet automne, micro TSFJAZZ en main.

Affectueusement,

Voyage à l’intérieur du cinéma français, Bertrand Tavernier (Sortie en salles ce 12 octobre. Coup de projecteur le même jour (13h30) sur TSFJAZZ avec le réalisateur.




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