Victoria

Parfum de screwball comedy sur les écrans français…  Avec Victoria, qui succède au remarqué La Bataille de Solférino, Justine Triet signe un film savoureux et pétaradant qui détonne dans la galaxie hexagonale. Son héroïne, une avocate dont l’énergie va de pair avec un désert amoureux préoccupant, se retrouve bientôt assaillie par une multitude de soucis dont la mise en scène extrait à la fois une comédie pleine de fraîcheur et un regard affûté sur le spleen existentiel d’une certaine middle class au féminin singulier.

Déjà qu’il n’est pas facile de jongler entre deux fillettes à charge, les aléas des rencontres sur Tinder et les devoirs du barreau…. Voilà en plus que Victoria, génialement et fougueusement campée par Virginie Efira, doit se coltiner une mission bien épuisante en défendant son meilleur ami (Melvil Poupaud) accusé d’avoir poignardé sa compagne. Autre plaie d’Égypte, l’ex-mari qui entend déballer dans un blog littéraire son ancienne vie de couple…

Les dérèglements s’enchaînent, et si le trait pèche parfois par fouillis, Justine Triet n’en parvient pas moins à garder un précieux équilibre entre une machinerie loufoque qu’elle déploie jusqu’à une magistrale scène de procès  (un chien et un chimpanzé convoqués à la barre des témoins, s’il vous plait…), et une thématique atypique sur les non-dits sexuels des femmes trentenaires, en attendant qu’un réalisateur aussi décoiffant sur penche sur les non-dits masculins.

Mais c’est surtout la tendresse émue pour le personnage principal qui emporte l’adhésion, avec en renfort la jolie compo de Vincent Lacoste en babysitter vaguement toxico mais bien plus mûr qu’il en a l’air lorsque la malheureuse Victoria consent à tomber dans ses bras. À noter également la brillante B.O du film avec une version étonnante de Dat Dere par Mel Torme et, même si c’est tout sauf jazz, le très émouvant Minor Fantasy de Chilly Gonzales.

Victoria, Justine Triet (Sortie en salles le 14 septembre). Coup de projecteur avec la réalisatrice, le même jour, sur TSFJAZZ, au micro de Thierry Lebon.





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