Je me tue à le dire

Rire du cancer, pourquoi pas ? Le toujours très corrosif Bertrand Blier s’en était brillamment sorti il y a quelques années avec Le Bruit des Glaçons dont le casting intégrait notamment Myriam Boyer. Cette comédienne dont la vivacité ne prend décidément aucune ride repart à nouveau à l’assaut du « Crabe » dans le premier film de Xavier Seron, formé à l’école d’un cinéma belge aussi grinçant que déjanté.

Format noir et blanc, comme dans C’est arrivé près de chez vous, mais avec un supplément de poésie et de baroque aux effets appuyés. On s’attache pourtant nettement, au départ, à cette mère maladive et rebelle (jusqu’à d’ailleurs perturber les médecins qui, à un moment, ne retrouvent plus trace de son cancer!) soignant ses maux au mousseux tout en s’entourant de chats bien encombrants. Son fils, incarné par Jean-Jacques Rausin, s’avère en revanche moins attachant.

Il faut dire que le type est carrément pathétique. Barbe et chevelure hirsutes, tempérament dépressif et gluant jusqu’à en devenir tête à claques, le fiston lourdingue gère d’une drôle d’une manière son complexe d’Œdipe en s’imaginant que sa mère lui a refilé son cancer du sein sous forme d’un lipome saugrenu. « En me donnant la vie, ma mère m’a aussi donné la mort », lui fait dire Xavier Séron.

Les efforts picturaux de la mise en scène et le ton souvent décalé du film ne compensent pas tout à fait ce que le propos a de glauque. Les prolongements christiques du récit ne sont guère plus convaincants.

Je me tue à le dire, Xavier Séron (le film est sorti mercredi)




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