Les malheurs de Sophie

Après avoir brillamment remaquillé le Nouveau Roman sur les planches, Christophe Honoré exhume de la Bibliothèque Rose de son enfance les biens mièvres Malheurs de Sophie de la comtesse de Ségur. Le résultat, atypique mais quelque peu laborieux, illustre la difficile jonction entre spectateurs juniors et public adulte.

L’espièglerie du réalisateur, à première vue, fait joliment écho à celle de son héroïne. Entre couleurs vives, procédés d’animation et gros plans attendrissants, les mille et un coups pendables de la petite gamine malicieuse et transgressive sont expurgés de leur surplomb moralisateur. Christophe Honoré met en même temps l’accent sur une certaine mélancolie du monde adulte, à l’instar du personnage de la mère promise à un funeste destin. Le parti-pris est accentué par l’adjonction au roman originel du volet plus sombre que constitue Les Petites Filles modèles.

Et voilà la petite garce métamorphosée en Cosette sous la férule d’une ignoble belle-mère incarnée par Muriel Robin. L’adhésion du spectateur trébuche alors définitivement. Alors que les très jeunes comédiens n’ont pas été franchement convaincants durant la première partie du film, l’apparition de la célèbre humoriste tombe également à plat malgré des premiers instants jubilatoires. On aurait aimé plus d’ambiguïté dans ce personnage de Cruella et un jeu moins statique de la part la comédienne qui l’incarne.

Les Malheurs de Sophie, Christophe Honoré (Sortie le 20 avril)




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