Quand on a 17 ans

La fiche Wikipédia égrène son âge d’or, tristement. 1981: Hôtel des Amériques. 1985: Rendez-Vous. Suivent Le Lieu du Crime et Les Innocents puis, en 1991, le mythique J’Embrasse pas. La fièvre ne retombe pas. Ma Saison préférée en 1993, Les Roseaux Sauvages en 1994, Les Voleurs en 1996. 15 ans sans la moindre fausse note, des corps-à-corps fiévreux, une incandescence romanesque inégalée dans le cinéma français… Après, on n’a plus trop compris ce qui arrivait à André Téchiné

Enfin si, on pensait comprendre. Compagnonnage au forceps avec Catherine Deneuve (Les Temps qui changent), sujets hors-piste empruntés à l’actualité (La fille du RER, L’Homme qu’on aimait trop), affranchissement, à l’aune des années Sida, d’une identité homosexuelle jusque là diluée dans une ode à toutes les marginalités (Les Témoins)…

Quand on a 17 ans surnage, à cet égard, comme un lifting raté. Tout y est: la citation de Rimbaud, l’aide au scénario d’une jeune réalisatrice en vogue (Céline Sciamma) ou encore une indéniable énergie de filmer avec à la clé une tension et une électricité qui rappellent les grandes collisions amoureuses d’autrefois.  Que de clichés, pourtant, à l’arrivée… Les deux petits jeunes qui se battent comme des chiffonniers pour mieux cacher le désir qu’ils ont l’un pour l’autre, les typologies sociales arbitrairement opposées qui président à leur affrontement, la montagne comme lieu de pureté, de sanctification spirituelle et de réconciliation des corps…

Le personnage de la mère, campé pourtant par la toujours très attachante Sandrine Kiberlain, n’aère pas d’avantage l’ensemble. Le couple qu’elle forme avec son pilote de mari n’est pas très intéressant et la transformation de la maman cool en veuve tragique résonne de manière artificielle. Les réminiscences par ailleurs nombreuses avec un film comme Les Roseaux Sauvages sautent aux yeux. Mais sans la guerre d’Algérie… et sans Élodie Bouchez.

Quand on a 17 ans, André Téchiné (Sortie en salles le 30 mars)




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