Des goûts et des couleurs pour la rentrée de janvier…

À la Une de la revue Transfuge dans leur nouveau numéro, une interview-fleuve carrément brillante du non moins brillant Dany Laferrière et, la rubrique radio, quelques coups de cœur de ce début d’année pour lesquels j’ai été sollicité.

-Un coup de cœur dans la rentrée littéraire ?

Edouard LouisHistoire de la violence. Je n’avais pas aimé son premier roman mais là, il y a une densité stylistique qui va de pair avec une originalité dans la construction et une finesse de trait dans le diptyque racisme/homophobie que je ne retrouvais pas avant. J’ai adoré cette écriture fauklnèrienne, âpre, clinique et torsadée ainsi que cette phénoménologie de la violence (sexuelle, sociale, raciale…) qui imprègne le récit. Et puis il y a cette frangine magnifique pas plus large d’esprit que la famillec de En finir avec Eddy Bellegueule et qui constitue en même temps le coeur et le choeur du récit. Ce pouvoir d’empathie, c’est peut-être le plus beau miracle de ce second roman.

-Et côté étranger?

Manhattan People, premier roman de Christopher Bollen. Des personnages jeunes, intenses, poignants et puissants dans un New-York qui n’est plus seulement évoquécomme ambiance mais comme géographie amoureuse. Tout, dans ce bouquin -les rêves brisés, le mythe de l’Eldorado, l’après-11 septembre- est géo-localisé dans cette ville-monde au gré d’un GPS romanesque qui fait qu’on est happé par le récit sans pour autant qu’on ait besoin de nous dépeindre des yuppies effrayants façon Bret Easton Ellis.

-En cinéma?
Tant pis si je détonne par rapport à tous les échos déceptifs autour des Huit Salopards de QuentinTarantino, mais je me demande si ce n’est pas son meilleur film. C’est sûr qu’après une ouverture dantesque, on a affaire à un Tarantino un peu austère, grelottant, limite Agatha Christie, au départ, avec ses personnages de damnés calfeutrés dans une cabane en pleine tempête. Et en même temps, quel souffle  dans ce nettoyage à sec des grands idéaux américains que la mise en scène instille à l’étouffée avant l’explosion finale ! Une vraie maestria, encore une fois. Avec la maturité en plus.




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