Anomalisa

Attention, film-ovni ! Réalisé en stop-motion, une technique d’animation qui donne l’impression que les personnages sont en pâte à modeler, Anomalisa donne le relief le plus étrange qu’on puisse imaginer à la dépression d’un homme ordinaire. Spécialiste du service après-vente, Michael Stone, le personnage principal, atterrit dans un hôtel bien louche à Cincinnati où il est venu donner une conférence sur son métier. Il rencontre deux femmes et attire l’une d’elle dans sa chambre. Pas sûr que cela suffise pour soigner son mal-être profond…

C’est Charlie Kaufman, le scénariste de Qui veut la peau de John Malkovich et Eternel Sunshine of the Spotless Mind, qui met en scène cette odyssée existentielle avec le renfort technique de Duke Johnson. Résultat mitigé. Le recours à la Stop Motion renforce de manière sidérante, certes, les effets induits par le scénario. Les personnages, hommes ou femmes, ont tous l’air d’avoir le même visage. Ils se traînent dans un monde froid et mécanisé. Reliées entre elles par le même grain métallique, leurs voix ont également du mal également à se différencier. Aucune anomalie n’est permise dans le monde d’Anomalisa. Stade final d’un capitalisme à visage inhumain?

Une fois l’étonnement passé, force est de considérer en même temps que la fable n’est pas très neuve. Le film se concentre alors de manière un peu artificielle, comme si la première partie n’avait été qu’un hors-d’œuvre, sur l’histoire d’amour entre le personnage masculin et la créature imparfaite mais émouvante dont il s’est épris. Cet éloge de la « vraie » beauté de l’âme au-delà des canons esthétiques n’est pas non plus très original, surtout lorsqu’il brandit comme manifeste une chanson de Cindy Lauper. Cette anomalie là, on aurait peut-être pu s’en passer.

Anomalisa, de Charlie Kaufman (Sortie le 3 février)




Les commentaires sont fermés.