Les Prépondérants

Critique qui devait être lue ce soir dans le journal de 18h sur TSFJAZZ au cas où Hédi Kaddour aurait eu le prix Goncourt, lequel a finalement consacré le visionnaire Mathias Enard

Trois mondes se rencontrent sous la plume d’Hédi Kaddour qui situe son récit dans le Maghreb des années 20.  Celui des prépondérants, ces notables européens qui méprisent la population locale, celui des élites arabes, incarné par un brillant jeune homme qui fait craquer bien des coeurs, et enfin le monde du cinéma américain à travers le tournage d’un film, à une époque où Hollywood craquait déjà pour les sagas romantiques en plein désert.

Le brassage de ces trois mondes à l’orée du combat contre le colonialisme, Hédi Kaddour le met en scène dans un esprit proustien,mélancolique et annonciateur des chaos à venir, surtout lorsque quatre des personnages du roman embarquent pour la France et l’Allemagne pendant l’hiver 1922-1923.

Ce passage du livre en signe en même temps la réussite, au fil d’une écriture brodée qu’on aimerait parfois plus fantasque mais dont la maturité et les palpitations devraient séduire un large public.

Les Prépondérants, Hédi Kaddour (Gallimard)




Les commentaires sont fermés.