Mon Roi

Une avocate plutôt du genre émancipée perd toute dignité pour les beaux yeux d’un connard, à la fois flambeur, manipulateur et infidèle. Elle dure 10 ans, leur intrigue ! Et nous voici sommés d’en ingurgiter, façon méga-clip ultra compressé, toutes les strates faussement convulsives alors que la banalité et l’inintérêt de l’histoire saute aux yeux. Maïwenn y croit, pourtant, à son roi sans couronne. Pas nous. Même si le personnage est serré de près par son interprète, Vincent Cassel.

Le film débute sur le mode flashback. L’avocate en fin de couple (Emmanuelle Bercot, prix d’interprétation cannois sorti de nulle part….) fait une chute de ski. Une psy à deux centimes lui fait bien comprendre la symbolique de l’accident eu égard à ses antécédents conjugaux. Et c’est parti pour un roman rose et noir sur papier glacé avec des personnages qui n’arrêtent pas de se ravitailler en pharmacie pour tenir le coup. Une histoire d’amour sous cachetons, en somme… Circonstance aggravante: Louis Garrel en frangin à la fois attentionné et cabotin. Surtout cabotin.

Ah, au fait ! On avait oublié la chute de ski… Le scénar, de ce côté là, est loin de s’arranger. Pendant sa convalescence, l’avocate sympathise avec des jeunes de banlieue. Le ton est moins hystérique que dans les séquences avec Cassel mais on est toujours dans les grosses ficelles. Où est passée la ferveur de Polisse ? Où s’en est allé ce cinéma autrefois à bras-le-corps et ancré dans une vraie réalité sociale sans pour autant renoncer à amplifier ses propres pulsations cardiaques ? Où s’est échouée Maïwenn, et de quelle abdication ce Mon Roi exténuant d’insignifiance est-il le nom ?

Mon Roi, Maïwenn, sélection officielle Cannes 2015 (Le film est sorti mercredi)





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