The Program

Petite reine, grande boucle et maillot à pois. Avant Lance Armstrong, le cyclisme était la fierté de tout un peuple. Le plus humble, le plus authentique, le plus prolétarien des sports… Et le voilà qui débarque, l’Américain à Paris. Basta le Front Populaire ! Adieu Fernand, Firmin « et puis Paulette »… Avec son anglais charismatique et son cancer dont il n’a fait qu’une bouchée, Armstrong réveille soudainement l’appétit pour le vélo des multinationales du type Nike, maintenant que les Frenchies se sont enfin entichés d’un héros ultramondialisé.

Après les forçats de la route, les mercenaires de la dope… Avec un regard toujours aussi aiguisé dés qu’il s’agit de dépasser de simples destins individuels, Stephen Frears exulte à raconter ce changement d’époque. Il prend pour héros un journaliste irlandais, comme Sean Kelly et Stephen Roche, des noms emblématiques, eux aussi, de ce cyclisme à l’ancienne que la Mafia U.S. Postal a enterré. Ce sont les révélations de ce journaliste qui vont faire tomber le pseudo-champion.

Mise en scène comme un film de gangsters, l’odyssée sportive imprime toute sa puissance sur grand écran, donnant au spectateur cette sensation de vitesse que la télé, malheureusement, ne parvient jamais à rendre véritablement. Ben Foster campe un Armstrong plus que crédible. Dans le rôle du faustien Dr Ferrari, pourvoyeur effréné d’E.P.O., Guillaume Canet est plus surprenant. Autre apparition étonnante, celle de Dustin Hoffman en financier à qui il reste, tout de même, un peu de moralité…

Le film ose d’ailleurs d’autres embardées qu’il ne se prend pas le temps de creuser, format biopic oblige… On pense notamment à la relation complexe entre Armstrong le flambeur et son coéquipier Floyd Landis, futur champion déchu, certes, mais bien moins matamore que son aîné, ne serait-ce qu’au travers de son environnement social et familial.

The Program, Stephen Frears (Sortie en salles le 16 septembre)




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