La Tête haute

Avec son profil d’ange exterminateur à capuche reformaté en pile électrique, Malony en fait voir de toutes les couleurs aux diverses institutions censées le ramener sur le droit chemin.« Un enfant sauvage devenu une herbe folle… »,  dit de lui son avocat. A peine l’entraperçoit-t-on sur la bonne pente que la rechute survient, au détour d’incessants accès de violence.

C’est plus dans la chronique nerveuse de cet itinéraire erratique que dans le regard sur ces institutions en elles-mêmes que le film d‘Emmanuelle Bercot fonctionne au mieux, avec en renfort un jeune acteur tout bonnement prodigieux et sanguin comme il faut, Rod Paradot. L’amplitude de son jeu autorise le spectateur à supputer toutes les issues possibles, heureuses ou malheureuses, à un récit par ailleurs fort prenant.

On sera plus réservé sur tout ce qui décadre, parfois, l’âpreté du tête-à-tête entre la caméra et l’ado délinquant. Catherine Deneuve est impeccable, certes, en juge pour enfant plus ou moins magnanime, sauf que l’aura qui lui est attachée remet  le film sur des sentiers plus convenus. Le personnage d’éducateur de Benoit Magimel est intéressant, mais dans le genre « J’étais aussi infernal que toi, gamin, quand j’étais jeune », la ficelle est un peu voyante. On est plus mal à l’aise encore face au jeu outrancier (dentition prolo à l’appui) de Sara Forestier en jeune mère immature.

La belle tenue de route de La Tête Haute pêche ainsi par excès de signalisation. Conduite fluide, mais parfois un peu trop formatée, un peu trop mécanique, jusqu’au dénouement sans doute lumineux mais aussi quelque peu ambigu (et paternaliste, si on peut dire…) quant au discours politique que véhicule le film.

La Tête haute, Emmanuelle Bercot, ouverture hors-compétition à Cannes (Le film est sorti le 13 mai)

« C’est la première fois que je reçois un prix dans ma vie »… Bah il était temps ! (Vincent Lindon prix d’interprétation masculine au festival de Cannes)



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